
Albert Marquet
Un notaire demande un jour à Albert Marquet pourquoi il achète, sans apport, un grand appartement à l’angle de la rue Dauphine et du quai des Grands-Augustins. Réponse : « À cause des fenêtres… » De là, il domine le Pont-Neuf et la Seine, et il ne cessera plus de les peindre. Tout Marquet est dans ce mot : un homme timide et taciturne, qui disait ne savoir « ni écrire ni parler mais seulement peindre et dessiner », et qui regardait le monde depuis une fenêtre, de préférence au-dessus de l’eau.
Le mur couvre presque un demi-siècle, de 1896 à 1943, et il est fidèle à l’œuvre : des paysages, naturels ou urbains, avec une forte présence de l’eau.
Paris, avec Matisse
Les premières toiles datent des années de bohème avec Henri Matisse, rencontré aux Arts décoratifs en 1892 : ensemble, ils peignent au jardin du Luxembourg, à Saint-Cloud, à Arcueil. Lampe de rue, Arcueil (1899) est de ce temps-là. En 1905, Marquet découvre la Côte d’Azur et préfère à la villa louée par Manguin un petit hôtel sur le port de Saint-Tropez ; c’est l’année de La maison de Saint-Tropez, et celle du Salon d’automne où ses toiles voisinent avec celles de Matisse et de Derain dans la salle qui valut aux « fauves » leur nom. Marquet fut de ceux-là, longtemps étiqueté « fauve modéré ».
Arrêtez-vous devant Le quai des Grands-Augustins sous la pluie (1906) : il habite alors ce quai avec ses parents, et en peint la vue par tous les temps et sous tous les éclairages, sans doute à l’exemple des Cathédrales de Rouen de Monet. En 1908, il se repose à Poissy et y pêche à la ligne avec Matisse : Bord de la Seine à Poissy est de cette année-là.
D’un port à l’autre
Pendant la guerre, Marquet partage son temps entre Paris et Marseille, quand il ne s’installe pas à l’Estaque : Mistral à l’Estaque (1918) en témoigne. À partir de 1920, il passe presque tous les hivers à Alger, où il épouse Marcelle Martinet. Le reste de l’année, le couple court les ports et les plages : le mur en garde Port de La Rochelle, Le Pyla, Bateau blanc, Porquerolles. Lac Léman, vu de Montreux date de leur séjour de 1937.
La toile à regarder le plus longtemps est Le Pont-Neuf la nuit (1935). Marquet brosse d’ordinaire ses aplats rapidement, sans diviser la touche ; un Pont-Neuf, la nuit, où les lumières sur le sol mouillé sont rendues par une touche libre et contrastée, est cité comme l’exception, et c’est pour un tableau de ce titre qu’il est distingué en 1938 à Pittsburgh.
Le mur se referme à Alger, où Marquet passe la Seconde Guerre mondiale en refusant d’exposer à Paris. Bateau amarré (1942) et Le grand olivier (1943) sont de ces années-là ; le site a confié l’olivier à un unique poème, En mer de Max Waller, comme pour ramener l’arbre vers l’élément préféré du peintre. Rentré à Paris en 1945, il peindra encore, malade, huit toiles du Pont-Neuf sous la neige depuis sa fenêtre.

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Pluie de Mai, fleurs d’amour… – André de Guerne
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Clair de lune sentimental – Théophile Gautier · D’abord, au matin, petite fenêtre farouche – Rainer Maria Rilke · De la Cendre – Stuart Merrill · Divertissement – Auguste Gilbert de Voisins · L’étang du vieux cratère – Daniel Thaly · La légende des siècles – Victor Hugo · La protestation des pendules – Franc-Nohain · Le fer, pour m’enfanter à cette vie amère – Alexandre Soumet · Le trophée – Jean Moréas · Lucidité – Renée Vivien · Musique – Théodore de Banville · Ô brises de Juillet, foins coupés dans les plaines – Georges Eekhoud · Parfois elle sent – Rainer Maria Rilke · Plénitude – Auguste Gilbert de Voisins · Printemps - Léopold Sédar Senghor (1948) · Ressouvenir – Pierre Quillard · Solitude – Louisa Siefert · Solo de lune – Jules Laforgue · Tu tettes le lait pur – Cécile Sauvage · Un chant de retour – Lucie Delarue-Mardrus



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D’une fenêtre sur la rade – Lucie Delarue-Mardrus · Dicté en présence du glacier du Rhône – Victor Hugo · Feux d’écobue – Charles Le Goffic · Inattention – Auguste Gilbert de Voisins · IX. ballade. – François Villon · L’Aveugle – André Chénier · La Pallice - Blaise Cendrars · La paresse. – Marceline Desbordes-Valmore · Le Champ de chardons – Maurice Rollinat · Le chant du retour – Daniel Thaly · Le coin aux poules – Marie Krysinska · Le colosse de Memnon – Daniel Lesueur · Le soir qu’Amour – Pierre de Ronsard · Le soir sur l’univers vague comme un appel – Henri Barbusse · Les Serpents – Maurice Rollinat · Mais comme en image à présent – Max Elskamp · Nossis – Renée Vivien · Réveil – Marceline Desbordes-Valmore · Saint Paul, dit-on, un jour vint à ton mausolée – Auguste Barbier · Si l’on chante un dieu – Rainer Maria Rilke

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Carnac – Auguste Brizeux · Combien a-t-on fait aux fleurs – Rainer Maria Rilke · Coupez le myrte blanc aux bocages d’Athènes – Jean Moréas · CXII. La rue a ce matin les teintes délicates – Anna de Noailles · Diderot – Victor Hugo · Différence (I) – Auguste Gilbert de Voisins · Je vous vens le chappel de soie – Christine de Pisan · L'urne – Henri de Régnier · L’Horloge – Albert Giraud · La Chanson du Sang – Jean Richepin · La feuille de peuplier - Georges Séféris · La Parole – Sully Prudhomme · La patronne d’un tir forain – Tristan Derème · La Prière du silence – Maurice Rollinat · La querelle – Auguste Angellier · La Sauterelle – Guillaume Apollinaire · La tombe fleurie – Daniel Thaly · Le Chant de Satan – Stuart Merrill · Le Désert des Soirs – Anna de Noailles · Pécopins – Jean Lorrain · Travaux communs – Daniel Lesueur · Un Fantôme – Charles Baudelaire
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In memoriam – Henri de Régnier · Ivres-morts – Jean Richepin · La dentelle – Rainer Maria Rilke · La face sur le voile – Jean Aicard · Le banc de pierre – Théophile Gautier · Le Fossoyeur – Maurice Rollinat · Le grand jour – Paul Éluard · Le roi soudard – Victor Hugo · Le Sonnet du cou – Albert Mérat · Les Heures – Albert Lozeau · Les Vieux Chevaux – Maurice Rollinat · Seule au pied de la tour d’où sort la voix du maître – Victor Hugo


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Chanson des cendres – Marie Krysinska · Deux jeunes hommes - Constant Cavafy · Juste Retour – Théodore de Banville · La femme aux trois colliers – Maurice Magre · La Terre – Anna de Noailles · La Vierge aux tapis – Renée Vivien · La voiture de fleurs – Remy de Gourmont · Le Grillon – Maurice Rollinat · Les ingénus – Paul Verlaine · Les Mânes de Napoléon – Anna de Noailles · Mais surtout, sois aimé, sois aimant, follement – Jean Richepin · Mieux que la maison, l’âtre – Henri de Régnier · Sonnet vi – Théophile Gautier · Souffles d'automne – Daniel Lesueur · VIII. Chaque matin m’accable et la couleur de l’air – Anna de Noailles
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Arrêtons-nous un peu, causons – Rainer Maria Rilke · Au pas – Georges Eekhoud · C’est un repas frugal que l’on mange à l’abri – Francis Jammes · Chanson pour L… – Paul Verlaine · Dialogue – Émile Verhaeren · Éloge d'une princesse, probablement la reine Isabelle de… – Christine de Pisan · III. Un mâle – Jean Lorrain · Je prens en mes mains voz debas – Charles d’Orléans · L’anaya kabyle – Jean Aicard · L’Exemplaire du Roy – Raoul Ponchon · L’horreur tentatrice – Maurice Magre · L’Inondation de 1910 – Raoul Ponchon · La Femme de l’ouvrier – Stéphane Mallarmé · Les usines – Émile Verhaeren · Les Yeux – Germain Nouveau · Loyal espoir, trop je vous voy dormir – Charles d’Orléans · Médiocrité – Jules Laforgue · Poème 10 – Pierre de Ronsard · Pour perdre ton souvenir – Achille Segard · Ronde flamande – Charles Cros · Rosette – Pierre-Jean de Béranger · Rue Lobineau – Théodore de Banville · Serments douteux – Auguste Gilbert de Voisins · Si tu savais encor te lever de bonne heure – Paul-Jean Toulet · Vieille – Guillaume Apollinaire · Viens, cette nuit, poser tes lèvres – Stuart Merrill · Viviane – Renée Vivien
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Autre à Iris – Isaac de Benserade · Cieux nocturnes – Armand Silvestre · Cortège – Guillaume Apollinaire · Doulce dame, que j'ay long temps servie – Christine de Pisan · Errement – Lucie Delarue-Mardrus · Et comment l'entendez vous – Charles d’Orléans · Fernand L’Anglois – Paul Verlaine · Homme, arrêteras-tu ton aveugle ironie – Ernest Dupuy · La Baigneuse – Maurice Rollinat · La bète – Maurice Magre · La Bonne Chienne – Maurice Rollinat · La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse – Charles Baudelaire · Le soleil se levait dans un ciel sans nuage – Paul-Jean Toulet · Les Forgerons – Théodore de Banville · Les roses – Lucie Delarue-Mardrus · Ma biographie – Théodore de Banville · Mystique – Arthur Rimbaud · Ô Robert, un conseil. Ayez l’air moins candide – Victor Hugo · Reste tranquille, si soudain – Rainer Maria Rilke · Rouvière – Théodore de Banville · Rupture – Auguste Gilbert de Voisins · Si tu veux nous nous aimerons – Stéphane Mallarmé · Spleen et idéal – Charles Baudelaire · Sur les Fleurs du Mal – Charles Baudelaire · Ventôse – Louisa Siefert · Vesper – Louis Bouilhet · Vieux Habits ! Vieux Galons ! – Pierre-Jean de Béranger · Vis sans efforts et sans débats – Anna de Noailles · X. rondel. – François Villon
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Amazone nue – Théodore de Banville · Automne - Birago Diop · Ballade de la rose – Jean Richepin · Ballade XXIV – Charles d’Orléans · Clair de lune – Albert Lozeau · Dans les taillis vivants – Jean Aicard · Dédicace – Charles Baudelaire · Hermione et les Bergers – Albert Samain · Indignation – Charles Cros · Invocation – Henri de Régnier · Jadis – Henri Deberly · L’Amante soupçonneuse – Tristan L’Hermite · L’Arbre de Judée – Théodore de Banville · L’Océan – Edmond Haraucourt · La chaleur tout le jour a rougi le vignoble – Tristan Derème · La Confidence – Maurice Rollinat · La fauvette – Daniel Lesueur · La Fauvette et le Rossignol – Jean-Pierre Claris de Florian · La Goutte – Tristan Corbière · La Mauvaise Reine – Stuart Merrill · La messagère – Albert Lozeau · La Prière – Anna de Noailles · La Vache à Gambon – Paul Avenel · Le Monôme – Raoul Ponchon · Le Singe qui montre la lanterne magique – Jean-Pierre Claris de Florian · Les aiguillons d’une rose – William Chapman · Les roses jaunes – Jean Moréas · Lien fantasque – Émile Nelligan · Ostez vous de devant moy – Charles d’Orléans · Ote tes vêtements... – Maurice Magre · Paysage – Robert Brasillach · Préface de Charles Asselineau – Louisa Siefert · Quel calme nocturne, quel calme – Rainer Maria Rilke · Raymond de La Tailhède – Paul Verlaine · Un prêtre. – Victor Hugo · Vision – Victor Hugo


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Chanson joyeuse – Marie Krysinska · Enfant, pâle embryon – Cécile Sauvage · Harmonie – Théodore Weustenraad · Ie fuis la vile, et temples et tous lieus… – Louise Labé · Invocation – Albert Lozeau · La dame en noir – Émile Verhaeren · La Judée eut Jésus, la Grèce Phidias – Auguste Barbier · La meilleure part – Henri Deberly · La rampe – Henri de Régnier · Le nouvel Origène ou le rut vaincu – Georges Fourest · Notre soleil - Georges Séféris · Obsession – Charles Baudelaire · On miami shore – Daniel Thaly · Ossuaire – Rainer Maria Rilke · Poème 159 – Pierre de Ronsard · S’il te plaît de savoir jusqu’où – Anna de Noailles · Septembre – Lucie Delarue-Mardrus · Une Belle Matinée de printemps – Raoul Ponchon · Une gerbe d'acrostiches (I) – Jean-Baptiste Caouette · Vérité – Théodore de Banville


Pour aller plus loin
- Autour de Marquet, l’Harmattan, 2024
- Albert Marquet, L’eau, miroir du ciel, Éditions des Falaises, 2023
- Marquet au Havre, Terre en vue éditions, 2015
Guillain Méjane



















