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Rupture – Auguste Gilbert de Voisins

Rupture – Auguste Gilbert de Voisins

Je prends congé de vous, sur ces mots, dame blonde
Aux yeux verts, qui m’avez mené
Baller près de vous, dans les rondes
Où dansent les damnés.
J’y fréquentai quelques sorcières
De sifflants serpenteaux coiffées,
Des satyres, des douairières
Et de méchantes fées.
Chaque soir, je pensais descendre,
Pour tout de bon, jusqu’à ces lieux inférieurs,
Tapissés de braise et de cendre,
Dont est fameuse la chaleur.
Comme sous les feux verts que vos prunelles dardent,
En ce torride four,
On se sent essoufflé, mal à l’aise, et l’on arde
Pour d’innombrables jours;
Mais, si puissamment que mon âme
A votre corps pût sembler asservie,
Je prends congé de vous par ce salut, Madame,
Et retourne auprès de Sylvie.

CDXLV

NOTE D’UN NATURALISTE

Jamais un rossignol pour chanter ne se pose
Sur un pêcher trop vieux, sur un cerisier mort,
Ni sur la branche d’un rosier privé de roses:
Pour bien chanter, il faut qu’il puisse aimer encor.

CDXLVI

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