
L’Horloge – Albert Giraud

L’horloge de rancœur, depuis combien d’années !
À coups retentissants, hostiles et brutaux,
Découpe en souvenirs mes amours condamnées
Avec son balancier hérissé de couteaux.
J’entends le poids cruel martyriser la chaîne,
Le bois fendu se plaindre, et le couteau pressé
Assassiner déjà ma volupté prochaine,
Rouge encore du sang de mon bonheur passé.
Seigneur ! l’horloge est vieille et lasse, elle se pleure ;
Elle a sonné la vie implacable : c’est l’heure
Du silence définitif et mérité.
Elle souffre : ayez la douceur d’être féroce !
Arrachez-lui le cœur, et cette peur atroce
De vivre de sa mort durant l’éternité !























