Notes explicatives – Victor Hugo
Aie une muse belluaire,
Sinon tu seras dévoré.
Au besoin, prends-nous
Sois spectre, et prends-nous pour suaire,
Moi l’étoilé, lui l’azuré.
Il est la clarté, je suis l’ombre ;
Ces deux linceuls vont à l’esprit.
Puisque tu vas parmi les hommes,
Nous te parlons, je suis le soir,
Il est le jour, tous deux nous sommes
Moi plein d’azur, lui plein d’espoir.
Oh ! dis-je, obsessions, pourquoi revenez-vous ?
— Que me voulez-vous ?
Fantômes du passé, religions terribles.
Il n’aimait pas les gens tenant boutique.
— On dit qu’on voit sa croix avec les clous en Grèce.
— Mais on la voit de même à Rome avec les clous.
— Tout ce qu’on dit de lui prouve un homme très doux.
— Quel malheur qu’il se soit mêlé de politique !
L’aveugle — Eh bien ! et le paralytique !
Il était de Judée. — Il est mort à trente ans.
— Passés.
Il changeait en vin l’eau. — L’on croyait dans son temps
Aux miracles, mais moi j’en doute.
Il leur lavait les pieds.Il avait 12 apôtres.
Il leur lavait les pieds.
Il leur lavait les pieds.— Sa morale a du bon.
Quel malheur qu’il se soit mêlé de politique !
C’est un réformateur, en tout cas.
— Sa Madeleine était une fille. — À peu près.
— Ça ne l’empêche pas d’être sainte. — Au contraire.
Je baise la main qui a écrit ces nobles pages.
Vous avez un grand cœur, madame.
Avais-tu donc besoin decent chamelles
Avais-tu donc besoin detrois cent bœufs
Avais-tu donc besoin de mille brebis ?
Avais-tu donc besoin de mille brebis ?Sans doute,
Avais-tu donc besoin de mille brebis ?Certes,
Mille ! C’est beaucoup. Oui. Mais…
Mille ! C’est beaucoup. Oui. Mais…Elles sont à toi.
À moi !
À moi !Prends ce collier.
À moi !Prends ce collier.Un collier en or ! Quoi !
Mange et bois. Que ta faim ou ta soif se contente.
Mais…
Mais…Tant qu’il te plaira de vivre en cette tente,
Tu peux y demeurer.
Tu peux y demeurerScheick ! par l’unique Dieu !
Tu peux y demeurerPar l’unique vrai Dieu !
Je rêve ! moi, voleur de tes troupeaux, au lieu
De me couper la tête ou de me faire pendre,
Tu mecombles de biens
Tu me traites ainsi, moi que tu pourrais prendre
Et jeter à la mer, cousu dans un linceul !
N’as-tu donc pas été l’hôte de mon aïeul ?
Le serpent
Le venin est honteux, le poison est timide.
J’ai pu
Plier comme un tapis le midi sur le nord.
Le Sire de Brisach
Le voilà — Personne autour de lui
ayant pour habitude
L’immensité de l’ombre et de la solitude.
Le chevalier aperçut le crocodile
la croupe du serpent
couvrait plus d’un arpent,
Morne
Sombre,
Fauve, il bâillait.
— Bonjour, lézard, dit le héros.
… Plus tard il fut le prêtre des abîmes ;
Dressant son crucifix derrière tous les crimes.
Quand l’enfer déchaîna ses monstres, à travers
Nos bourgs, à ce passage épouvantable ouverts,
Ses paroles couraient sanglantes, ces ménades
De hameaux en hameaux guidaient les dragonnades,
Poussaient les soldats, meute infâme, et leur noirceur
Se mêlait au clairon de l’affreux roi chasseur.
Car un duc, même ayant des maîtresses dévotes,
Un premier président, même fort en gavottes,
N’a pas cet on ne sait quel onctueux soupir
Qui fait qu’on sent en soi les remords s’assoupir,
Et qu’une femme, ayant entendu cette antienne,
Couche avec sontouteonanue
S’offrexxauxxroixxnuexxetxxfière
Se donnexxauxxroi,xxse pâme
Couche avec son monarque et dit : je suis chrétienne !
… Pour savoir si la dispense à Rome
Est payable en sequins, en doublons, en ducats,
Pour suggérer l’avis utile en pareil cas,
Il faut un de ces fronts mmajestueux
Il faut un de ces fronts mystérieux où flotte
Toute la sainteté que couvre une calotte.
Pour ressouder Louis et MontespanQuand Bossuet
Pour ressouder Louis et Montespan suait.
À recoucher Louis et MontespanQuand Bossuet
À recoucher Louis et Montespan suait.
À ressouder Louis et MontespTel Bossuet
À ressouder Louis et Montespan suait.
Les révolutions, ces fières
Les révolutions, ces grandes affranchies.
Sont farouches, étant filles des monarchies.
Ah ! Quiconque osera regarder fixement
La Révolution, ce cratère fumant,
Quiconque plongera ses yeux dans la fournaise,
Quiconque sondera ce puits : Quatre-vingt-treize,
Sentira se cacher et s’enfuir son esprit.
Quand Moïse vit Dieu, le vertige le prit ;
Et moi, devant l’histoire aux horizons sans nombre,
Je tremble, et j’ai le même éblouissement sombre,
Car c’est voir Dieu que voir les grandes lois du sort.
Le grandiose est fauve et l’horrible est sublime ;
Et comment expliquer ces aspects de l’abîme ?
Quiconque t’osera regarder fixement
Ces colosses hagards se mettent à bruire ;
Pendant que submergés, morts, arrachés, épars,
Les vieux dogmes partout tombent de toutes parts,
Et que tout le passé s’en va dans la même onde.
Entendez-vous Marat qui hurle dans sa cave ?
Il mord le maître afin de mieux
Sa morsure au tyran s’en va baiser l’esclave.
Comme il pleure avec rage au secours des souffrants
Il crie au mourant : tue ! il crie au volé
Il crie au mourant : tue ! il crie au pauvre : prends !
Il crie à l’opprimé : foule aux pieds ! brise
Il crie à l’opprimé : foule aux pieds ! broie ! accable !
Doux pour une détresse et pour l’autre implacable,
Faisant à cette France
Faisant à cette foule, à cette nation,
À ce peuple, un salut d’extermination.
C’est là,
Et c’est dans ce chaos où tout se constitue,
Leur dogévangile,
Leur dogme à tous, hélas ! tuer quiconque tue.
Toutes les armes noires
Sont à lui : cris, affronts, sarcasmes dérisoires,
Pavé, poignard, crachats au front, rire infernal,
Dieu lui livre le morne et nocturne
Dieu lui livre le morne et tragique
Dieu lui livre le morne et funeste arsenal ;
Il peut toucher dans l’ombre à tout, hors à la foudre.
La meule doit broyer si le moulin veut moudre.
L’ignorance, le mal, la guerre, l’homme brute.
Commandeur des croyants
effrayants.
La haine toujours vise au but toujours manqué
………cette flamme aux……étincelantes
……………… devant des mains sanglantes.
Xerces fouette la mer, Phur crache sur l’Athos ;
Octave tue et pille, et par soixante villes
Il se fait élever un temple
Il se fait élever un autel dans Lyon ;
Pères dénaturés, fils en rébellion.
Achab fait ramasser ses miettes sous la table
Par des hommes sans mains, sans pieds, sans dents, sans yeux.
Eh bien ! vengeance alors ! Justice ! Représailles !
Châtiment !
— Non —
Eh bien évoquons la loi de concorde
Et jamais d’échafauds.
N’importe. Reprenons l’apostolat stoïque.
L’aurore est prochaine.
Et par une blancheur immense à l’orient,
Après ce 10 août terrible, oh dans la brume
Sous le dernier éclair le dernier trône fume,
Tout ce au on eut de rude à faire est achevé.
Le droit n’a pas besoin dese mettre en fureur
Le droit n’a pas besoin de rougir le pavé,
Et d’arriver les mains pleines de violences
Et de jeter un glaive au plateau des balances ;
Il paraît, on tressaille ; il marche, on dit : c’est Dieu.
À bas l’échafaud !
Meurs, sépulcre ! potence aux branches ténébreuses
Meurs, sépulcre ! potence avec tes branches noires,
Ô fourche de Tyburn et de la Cebada,
Pilier mystérieux où Tristan s’accouda.
Démolis-toi toi-même, et croule, âpre édifice,
Avec la chambre ardente, avec le Saint Office,
Et tourne contre toi la mort que tu contiens !
Charpente que l’enfer fait lécher à ses chiens,
Va retrouver la terre éternelle et divine
Qui ne te connaît plus, affreux bois
Qui ne te connaît plus, toi, l’arbre sans racine !
Poutre, ébrèche la hache et brise le couteau !
Hache, fais-toi
Hache, deviens cognée et frappe le poteau
Détruisez-vous l’un l’autre, ô ténébreux complices !
Et tombe pêle-mêle, forêt des supplices,
Roue, échelle, gibet, et torche, et glaive, et faulx,
Sous le bras du progrès, bûcheron d’échafauds !
Non, ce n’est pas la fin. Non, non, tout n’est pas dit.
Ô morne anxiété qui germe et qui grandit !
Tourment de la pensée après l’œuvre achevée !
Stupeur de l’aigle esprit en voyant sa couvée !
Scrupules du songeur sur ce qu’il a songé !
Il faut que du passé, ce chaos submergé
Ce qu’on nous montre là, c’est mort, c’est submergé,
Se venger, c’est la loi du passé submergé
Se venger, c’est le droit antique submergé ;
L’aube sorte, montrant le rivage abordable
C’est la vieille coutume et c’est la vieille table,
C’est là la vieille loi, c’est là la vieille table,
Tout n’est pas dit après le verdict lformidable
Tout n’est pas dit après le verdict lamentable
Prononcé par les cris, les pdeuils
Prononcé par les cris, les pleurs, les désespoirs.
Vous êtes des bourreaux vous-mêmes, masques noirs,
Et le bourreau n’a pas le dernier la parole.
Les âmes sont aussi des écueils, l’esprit vole
Le généreux progrès
L’avenir triomphant veut une autre auréole
Dans une ombre où l’auteur se mêle aux alcyons.
Que l’âpre flamboiement des expiations.
Ô Dieu, vous m’envoyez les pâles visions ;
Ô Dieu, comment choisir dans toutes ces nuées ?
La vierge est implacable, et les prostituées
Sont féroces ; le mal, le bien, sont toujours prêts,
Hélas, à se servir des mêmes couperets !
…… Le peuple enfin se lève ;
À son tour il commande, il règne ; il prend le glaive ;
Terrible, il paie avec un coup de hache aux rois
Les supplices, les pals, les chevalets, les croix,
Vingt siècles de cachots, de sbastilles
Vingt siècles de cachots, de supplices, d’effrois.
Les écartèlements, les potences, les roues ;
Ô muse, à dénombrer nos tourments tu t’enroues !
Alors l’affreux passé, traqué dans sa forêt.
Rampeit, seserpente, fuit, dse cache.
Rugit, se cache, fuit, disparaît, reparaît,
Rampe, grince des dents, s’évade, attaque, émigre.
Les révolutions sont des chasses au tigre.
Fils des grands hommes
Fils des grands hommesVous devez toujours être
Debout
Graves
Calmes et fiers ainsi que des porte-drapeaux.
Quand il fait nuit,
…Dans les temps d’opprobre et de misère,
Vos noms sont nos flambeaux, et nous les regardons.
Dans les temps d’abaissement public,
Dans ces jours où l’on a la rougeur à la face
Dans ces jours où l’on a la rougeur au visage.
En vain Londre et Moscou, dans leur rage inféconde…
Comme Dieu lui-même
Qui récolte et sème
Pour l’immensité,
Ce peuple de France
A la patience
De l’éternité.
Qu’est-ce que j’ai donc fait au bon Dieu ?
Cet homme était un pâtre et se nommait Balma.
D’autres l’ont suivi, les uns…
Mais nul n’effacera la trace formidable
Que laisse l’humble pâtre au mont inabordable
Où Dieu s’était lui-même empreint en le créant,
Et la terre, entourant sa gloire d’un prestige,
S’étonnera que ce vestige
Ne soit pas un pied de géant.
Et tu songeais, pareille aux graves Euménides,
Tu semblais écouter la vie aux bruits confus
D’en haut
De loin, dans l’attitude austère du refus.
Les juges murmuraient : qu’elle meure. C’est juste.
Celui-ci fut jadis un robin somnifère,
Encore un personnage à deux noms. Pourquoi faire ?
Car lorsque les héros devant l’homme qui tremble.
S’y jettent, tout couvert de ténèbres qu’il semble,
Une gloire est au fond du sépulcre éclatant ;
La mort pour eux rayonne, et la lumière attend
Les martyrs qui dans l’ombre en chantant s’engloutissent ;
C’est toujours aux clartés sereines qu’aboutissent
Les sacrés dévouements, les suicides fiers.
Les Curtius, lancés au galop, à travers
Le globe
La terre qui s’ouvrait, tombaient dans les étoiles.
Je regarde passer les nuages flottants
Sur ces sillonsps qui l’ontfont
Sur ces champs où ton voit moins de blé que d’ivraie,
Puis j’irai retrouver la solitude vraie,
La mer où sont les caps sombres, jamais vaincus…
Je suis en Beauce, et j’ai pour horizon des blés
Et des sillons sans fin, parfois un peu troublés
Par quelque hameau bas d’où sort une fumée.
La Beauce est un pays plat comme Mérimée ;
(Mais d’un produit meilleur)
Bientôt j’irai revoir la solitude vraie,
La mer, digne de Dante et digne d’Orcagna,
Où jadis ton puissant esprit m’accompagna ;
Mais Paris t’a repris, et là, dans la bataille
Et dans l’orage, on voit passer ta haute taille ;
Moi, j’aspire à rentrer dans l’ombre des vaincus.
Je rêve. En attendant, comme Horace à Fuscus…
pour la plupart des hommes
Qui ne t’épèlent pas, nature en qui nous sommes.
Et qui regardent sans les voir
Les mystères profonds qu’en ta nuit tu célèbres,
Dieu, c’est une figure, au milieu des ténèbres,
Monstres chargés de tours et chars armés de faulx.
Des rois, je ne sais quoi qui fut l’aigle romaine,
De farouches
Et d’effrayants
Et de sombres profils pleins d’audace et ed haine,
Et derrière un mur bas tout blanc comme un linceul,
Le grand César rêvant dans l’ombre, triste et seul.
Notre été chicane et querelle,…
Venez-nous voir dans l’asile
Les marins qui sont au large
Dans l’ombre on entrevoit quelque vague statue
De sirène effarée à la gorge pointue.
Les Trianons déserts, les Versailles croulants,
Ô poëtes ! pourquoi vos stances favorites…
Et pourquoi ne tas faire entrer dans vos systèmes
Les blancs géraniums, les jaunes chrysanthèmes ?
Légions de la mort qui gravâtes vos noms
Sur le plomb des clochers sublimes !
……Je souffletterai Barthe,
Rouher, Parieu, d’Argout,
Et pour le fustiger je trousserai la jupe
Du prêtre dont le nom commence comme dupe
Et finit comme loup.
Que tel évèque soit cardinal, que m’importe !
Quant à moi, j’ai fort peu de soucis de la sorte.
Et je n’ai point le goût
De grossir l’importance et de rougir la jupe
Du prêtre, dont le nom commence comme dupe
Et finit comme loup.
Venez, et vénérons ensemble, ô vous que j’aime,
L’ombre où Dieu fait les fleurs, sans nous souvenir même
Qu’ailleurs on fait des lois.
Oui, l’humanité se nomme
Mer, comme ce flot mouvant,
Et l’on croit entendre l’homme
Quand on écoute le vent.
Saturne, sombre cénobite.
L’enfant irréprochable étonne l’homme austère.
L’irréprochahle est plus austère que l’austère,
Qui que tu sois qui fis ton stage
Qui que tu sois qui fis ton devoir sur la terre,
…vraiment auguste et glorieux,
Si tu peux échapper à l’azur de ces yeux.
Je ne suis pas de ceux dont la vie est tranquille,
Je suis souvent sorti des portes d’une ville
Sans savoir si j’allais avoir de quoi manger.
J’ai connu l’âpre exil, l’œil froid de l’étranger.
On dirait, tant l’enfance est rlaemlampe
On dirait, tant l’enfance ast rlesemrefletnte du
On dirait, tant l’enfance est ressemblante au temple ;
Que la lumière, chose étrange, nous contemple ;
Toute la profondeur du ciel est dans cet œil.
Dans cette pureté sans voile
Dans cette pureté sans trouble et sans orgueil
Se révèle on ne sait quelle énorme
Se révèle on ne sait quelle auguste présence ;
Et la vertu ne craint qu’un juge, l’Innocence.
On sent dans cette grâce une toute-puissance,
Et le juste ne craint qu’un juge, l’Innocence.
De là leur effroi. Nul ne petit savoir quel dieu
Ou quel démon sourit dans l’ombre d’un œil bleu,
Nul ne sait, dans la vie immense enchevêtrée,
Si l’arbre où rêve Pan, l’herbe où se couche Astrée,
Si la roche au profil pensif, et le zéphir,
Si toute la forêt acharnée à trahir,
À force d’horreur, d’ombre et d’aube, et de jeunesse,
Ne peut transfigurer en femme une faunesse ?
La nature partout donne l’exemple énorme…
Alors questionnant l’inconnu, l’inouï,
Aux voix qui disent non tâchant d’arracher oui…
Fin des dogmes.
Et les religions nocturnes où les prêtres
Et les religions dont le prêtre splendide
Allument des flambeaux,
Se couvre de rubis, croyant les étoiler,
Comprennent que c’est l’heure et qu’il faut s’en aller.
Des éclairs emplissaient l’œil glauque du satyre.
Les montagnes, pontifes, héros, etc.
Athos porte le casque éclatant
Athos a le cimier splendide d’Alexandre,
Lina sous la tiare éclate, et le Liban
De l’Orient sacré porte le fer
De l’Orient sacré porte le vert turban.
LA VOIX.
Je m’appelle A. É. I. O. U. Je suis la voix humaine
Je m’appelle A. É. I. O. U. Je suis le verbe.
Quitte cetteaventure
Quitte cetteentreprise, et je te le répète
Il plane, il rampe, il meurt, confinant d’un coté…
MAGLIA.
Il s’appelait Clias, il s’appelle Clainville.
Pour devenir quelqu’un, il a trouvé subtil
D’ajouter à son nom quelque chose de vil.
La récompense, et nul effort !
Ces vieillards ce sont les dogmes de tous les cultes
occultes.
Nuit faite d’un amas de sombres évidences.
Tous les Œdipes sont par ces énigmes pris ;
Les poëtes, du miel des abeilles nourris…
D’épousseter sonnets, idylles et rondeaux,
Et d’ouvrir à grand bruit la fenêtre, indignée
D’avoir chassé le jour et logé l’araignée.
Et du wagon traîné par la foudre, ricoche
Sur la rosse poussive attelée au vieux coche.
Bibliothèques d’ombre et de cendres ! alcôves
Des bouquins vermoulus chers aux bonshommes chauves :
Où tous les vieux néants montrent leurs dos mochassis
Où tous les vieux néants montrent leurs dos moisis !
Oh ! Les cippes ventrus sous les bustes goîtreux !
Les admirations de ces cuistres entre eux !
Oh ! le bon voisinage
Tu sacrais le vieil art aïeul de l’art nouveau ;
Et l’on t’a vu pousser d’iUuftres cris de joie
Quand le Drame a saisi les cœurs comme une proie,
Quand l’antique hiver fut chassé par Flore’al,
Quand l’astre inattendu du moderne idéal
Est venu tout à coup dans le ciel qui s’embrase
Luire, et quand l’Hippogrijfe a relayé Pégase ! ^
Sois fier, car tu fus vrai ; sois grand, car tu fus beau^^*.
Je te salue au seuil sévère du tombeau.
Va chercher le vrai, toi qui sus trouver le beau.
Monte, esprit ! Tout vivant qui part, je le contemple.
J’y cours. Ne ferme<^ pas la porte funéraire.
Gautier, toi qui fus leur égal et leur frère.
Tu pars après Dumas, L,amartine et Musset.
La vieille onde eB tarie ou l’on rajeunissait.
Comme il n’eUplm de Styx il n’eHplus de Jouvence.
Puisque tu n’as qu’un an, je puis bien tout te dire,
Les nuages roulaient
Les nuages volaient dans la lueur hagarde…
Si bas que tout mon être en frissonnait
Si bas que tout mon être en haletait d’effroi…
Sa face regardait le ciel sombre
Sa face regardait la nuit triste, et ses pieds…
Le patient était formidable
Le patient était colossal, on eût dit…
L’ombre se mêlerait
L’ombre se confondrait avec l’éclair qui luit
Sous une grande main qui remuerait
Sous une grande main qui mêlerait la nuit.
Là,s’épanouissaitsanslapitiésombreait lajoie
Là, sans frein, sans pitié, régnait la joie horrible…
La nuée autour d’eux flottait
La nuée autour d’eux tremblait, et par les brèches…
Un souffleix dit: Olympe ! Et toutpassa.
Une voix dit : Olympe ! Et tout croula. L’espace
Où l’informe à jamais flotte, passe et repasse,
Muet,vintseunreferma…
Redevint un bloc noir ; puis j’entendis un bruit…
L’aigle en fuite semblait craignant
Le cèdre se courbait de peur
L’aigle en fuite semblait craindre d’être importun…
Et qui redescendait plein d’un immense
Et qui redescendit plein d’un céleste ennui…
Soudain, comme heurté par quelque ouragan fauve,
Je vis une colline épouvantable et
Il s’ouvrit ; et je vis une colline chauve ;
Le vent pleurait, le ciel tremblait, la nuit
Le crépuscule horrible et farouche tombait.
Les nuages flottaient
Les nuages erraient dans des rougeurs de feu…
Ils rêvaient, les cheveux aux vents,
Et qu’ils rêvaient, battus des
Et qu’ils rêvaient, leur robe aux vents…
Le premier clou devint un aigle au vol
Le premier clou devint un aigle à forme étrange,
Le second fut taureauboeuf, le troisièmelion
Le second fut un bœuf, le troisième un lion…
Puis, s’en volant du noir
Puis, s’en volant du haut calvaire,
Ils quittèrent la croix sévère
Ils quittèrent l’arbre sévère.
Dont Christ rougissait le chevet ;
Ils quittèrent l’affreux chevet…
— Jésus-Christ au Calvaire et Barabbas absous !
— L’honnête homme au gibet et le voleur absous !
Du songe universel notre science
Du songe universel notre pensée est faite…