D’abord, au matin, petite fenêtre farouche – Rainer Maria Rilke
D’abord, au matin, petite fenêtre farouche,
au cinquième, tu te fais presque bouche,
et tu montres usées et exsangues,
toutes les langues de la chambre. Ces langues
que notre vain va-et-vient fane et ronge,
comme si nous étions leurs grands mensonges.
Aussi on les bat, ces langues, on les punit
de nous avoir dit et toujours redit :
ô très indécente descente de lit !