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IX. ballade. – François Villon

IX. ballade. – François Villon

Las! je me plains d’amours et de ma dame,
Et de mes yeulx dont j’ay veu sa beaulté;
Et oultre plus, je me plains d’une femme
Qui contre moy a le conseil donné
Dont j’ay déjà tant de mal enduré [P. 138]
Qu’il me fauldra, par deffaulte de joye,
Aller criant, comme tout forcené:
Je hez ma dame que tant aymer souloye.

Car se pitié son très doulx cueur n’entame
A me donner ce que j’ay desiré,
J’iray mourir, ainsi qu’ung homme infame.
Tout hors de sens et si desespéré
Qu’après ma mort il en sera parlé
Plus loin dix fois que d’icy en Savoye,
Et lors diray pour plus estre blasmé:
Je hez ma dame que tant aymer souloye

Se je le dy, je jure sur mon ame
Que ce sera contre ma voulenté.
Je prye à Dieu qu’il n’y puist avoir ame
A celle fin qu’il ne soit raporté.
Car jasoit ce qu’elle m’ait courroucé
Tant qu’on peut plus, cent mille fois mourroye
Avant que j’eusse ne dit ne proferé:
Je hez ma dame que tant aymer souloye.

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