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James Abbott McNeill Whistler

La Tamise le soir, du brouillard, deux ou trois couleurs à peine : les nocturnes de Whistler ont d’abord paru un scandale de vide. En 1877, le critique John Ruskin l’accusa d’avoir « jeté un pot de peinture au visage du public ». Whistler lui intenta un procès en diffamation, le gagna, et ne reçut qu’un sou de dommages-intérêts ; la faillite suivit. Ce mur est presque tout entier fait de ces tableaux-là.

Américain né dans le Massachusetts en 1834, Whistler passe une partie de son enfance à Saint-Pétersbourg, où son père, ingénieur, travaille pour le chemin de fer. Renvoyé de l’Académie militaire de West Point, il part étudier la peinture à Paris, entre dans l’atelier de Gleyre, se lie avec Fantin-Latour, peint aux côtés de Courbet, puis s’établit à Londres en 1859. C’est à Chelsea, sur la rive nord de la Tamise, qu’il vit et travaille : le quartier revient sans cesse ici, de Chelsea dans la glace (1864) aux nocturnes de 1871 et de 1887.

Le mot « nocturne » vient de la musique, et ce n’est pas un hasard : ses toiles s’appellent aussi symphonies, harmonies, arrangements. Whistler voulait qu’elles ne racontent rien et ne parlent, comme la musique, que de lignes et de couleurs. Il montait en barque au crépuscule, restait parfois toute la nuit sur le fleuve à dessiner et à mémoriser la scène, puis peignait à l’atelier. La leçon des estampes japonaises se lit dans cette gamme volontairement étroite : bleu et argent, gris et or, noir et or.

À regarder de près, d’abord le Nocturne en noir et or, la fusée qui retombe (1875), où tout le sujet tient dans une fusée de feu d’artifice ; le site l’a placé en face de Paroles à la Lune d’Anna de Noailles. Puis Chelsea dans la glace, qui accompagne la Symphonie en blanc majeur de Théophile Gautier : rencontre heureuse, puisque Whistler réunit trois portraits de Joanna Hiffernan en robe blanche sous le titre de Symphonie en blanc. Enfin Nocturne en bleu et or, Saint-Marc, Venise et Rouge et or, la Salute au coucher du soleil, tous deux de 1880 : c’est une commande de gravures qui l’avait conduit à Venise, après la faillite.

La mer tient aussi sa place, avec la Symphonie en gris et vert : l’océan (1881) : dès 1865, à Trouville, Whistler peignait des marines de plus en plus simplifiées. Ses nocturnes, dit-on, ont préparé la peinture symboliste.

Nuit de brouillard à Londres, James Abbott McNeill Whistler (1861)
Nuit de brouillard à Londres1861Titre original : A foggy night in LondonAccompagne(Petits poèmes aux yeux qui passent) – Daniel Thaly · Appellation – Auguste Gilbert de Voisins · Arbres – Auguste Gilbert de Voisins
Voir les autresBarcarolle – Laurent Tailhade · Conte – Raoul Ponchon · Être serein ainsi qu’un roc – Jean Moréas · Foi – Stuart Merrill · Géranium qui éclates – Rainer Maria Rilke · Hymne – Lucie Delarue-Mardrus · L’Abeille justifiée – Théodore de Banville · L’Amazone – Maurice Rollinat · La bergeronnette – Francis Jammes · La gageure – Alexis Piron · La Petite Sœur – Maurice Rollinat · La Torture – Maurice Rollinat · Le ravin d'ernula – Victor Hugo · Lettre à M. l’abbé Casgrain (Paris, 30 avril 1877) – Octave Crémazie · Moine simple – Émile Verhaeren · Philippe, vous tiriez les lapins de garenne – Tristan Derème · Silentium – Daniel Lesueur · Un soir, on voudrait être Heine – Daniel Thaly · Vers Cézembre, le triste îlot – Jacques Normand
Chelsea dans la glace, James Abbott McNeill Whistler (1864)
Chelsea dans la glace1864Titre original : Chelsea in iceAccompagneAlbert Glatigny — Le comédien ambulant qui rimait sur les routes · En quarante-huit heures d’ivresse - Charles Bukowski · L’Arbre qui saigne – François-Paul Alibert
Voir les autresSymphonie en blanc majeur – Théophile Gautier
Nocturne en bleu et argent, James Abbott McNeill Whistler (1870)
Nocturne en bleu et argent1870Titre original : Nocturne in blue and silverAccompagneÀ l’Insensible – Maurice Rollinat · À Max Rosa – Paul Verlaine · À quoi bon prendre un air tragique si tout n’est – Tristan Derème
Voir les autresAu lecteur – Charles Baudelaire · Belle, se c'est vostre plaisir – Charles d’Orléans · Chaîne sans fin – Auguste Gilbert de Voisins · Crépuscule - Birago Diop · Dangereuse – Germain Nouveau · Dans les clairs salons de la rue – Théodore de Banville · En Cour d’assises – Charles Cros · Encore juillet – Lucie Delarue-Mardrus · Frère, époux et maître – Marceline Desbordes-Valmore · Halte-là – Pierre-Jean de Béranger · Heureux qui sait tout ! L’âme éparse dans les choses – Jean Richepin · L'ame et l'univers – Daniel Lesueur · L’Aigle et la Colombe – Jean-Pierre Claris de Florian · La Neige – Armand Silvestre · Le bal fantastique – Maurice Magre · Le Bon Bourgeois – Paul Avenel · Le Port déchu – Émile Verhaeren · Le vieillard. – Victor Hugo · Les Assis – Arthur Rimbaud · Les petits sauvages – Marceline Desbordes-Valmore · Mon œil trouant les joncs dardait chaque encolure – Stéphane Mallarmé · Némée – José-Maria de Heredia · Ô longs desirs, ô esperances vaines… – Louise Labé · Pour bercer l’amour – Stuart Merrill · Puisqu’il faut que l’on vive – Anna de Noailles · Si comme il est raison que chascun croie – Christine de Pisan · Souvenirs – Louis Tiercelin · Souvent le malheureux – André Chénier · Tu as beau me parler de vieillesse, ah, que n’ai−je – Paul-Jean Toulet
Chelsea, nocturne en bleu et argent, James Abbott McNeill Whistler (1871)
Chelsea, nocturne en bleu et argent1871Titre original : Chelsea, nocturne blue and silverAccompagneL’approche – Hélène Picard · Le capitalisme c'est le déluge - Gilles Deleuze
Nocturne en noir et or, la fusée qui retombe, James Abbott McNeill Whistler (1875)
Nocturne en noir et or, la fusée qui retombe1875Titre original : Nocturne in black and gold - the falling rocketAccompagneÀ ma sœur – Louis Fréchette · À Odette – Théodore de Banville · Ai-je pu t’appeler de l’ombre – Cécile Sauvage
Voir les autresAir de biniou – Jules Laforgue · Belle, mais peu sensible – Auguste Gilbert de Voisins · Cas de divorce – Germain Nouveau · Deux siècles – Émile Verhaeren · Enthousiasme – Victor Hugo · Éternité – Jacques d’Adelswärd-Fersen · Je vous vens le papegay – Christine de Pisan · Jeunes filles – Rainer Maria Rilke · La Belle au château rêvant – Gustave Kahn · La Joie – Émile Verhaeren · La mer étincelait ainsi qu’une gitane – Paul-Jean Toulet · La mort (II) – Daniel Lesueur · Le Carnaval de 1818 – Pierre-Jean de Béranger · Le Censeur – Pierre-Jean de Béranger · Le Nid et le cadran – Louis Bouilhet · Modèle – Paul Éluard · Mon Étau – Antoine Clesse · Paroles à la Lune – Anna de Noailles · Pays silencieux dont les prophètes se taisent – Rainer Maria Rilke · Pour le nouvel an – Laurent Tailhade · Quel pas sur le pavé boueux – Paul-Jean Toulet · Reflets – Paul Éluard · Tant ay largement despendu – Charles d’Orléans · Vanité - Birago Diop · Vere novo. – Jean Aicard
Nocturne en gris et doré, James Abbott McNeill Whistler (1876)
Nocturne en gris et doré1876Accompagne(Maha-brahata) – Paul Verlaine · À un Religieux – Auguste Brizeux · Ces pudeurs de l’esprit… – Anna de Noailles
Voir les autresChascun vous vent, mais je vous veuil donner – Christine de Pisan · CIII. Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez – Anna de Noailles · Complainte d’au-delà de la vie - Aco Sopov · Honnête gagne-pain – Auguste Gilbert de Voisins · Initiation – Laurent Tailhade · L'éventail – Théodore Hannon · Le criart matelot, et le rude Nocher – Jean-Baptiste Chassignet · Le cul – Alexis Piron · Le Prisonnier – José-Maria de Heredia · Les Dindons – Maurice Rollinat · Lune ou limace? – Auguste Gilbert de Voisins · Mais lors ma joie étant Hollande – Max Elskamp · Nevermore (2) – Paul Verlaine · Ô pain qui nous fais vivre et dont nous crèverons – Jean Richepin · Pèlerinage – Émile Verhaeren · Prière d'un matin bleu – Edmond Rostand · Somnolence – Stuart Merrill · Tu m’enchantes, je te supporte – Anna de Noailles · Utique – Lucie Delarue-Mardrus · Vers écrits sur les Champs de bataille d’Alsace-Lorraine – Anna de Noailles
Nocturne, James Abbott McNeill Whistler (1877)
Nocturne1877AccompagneAvec les émanations des combes - Guillain Méjane · Junky - William S. Burroughs
La tempête, coucher de soleil, James Abbott McNeill Whistler (1880)
La tempête, coucher de soleil1880Titre original : The storm-sunsetAccompagneÇa commence lundi dernier - Charles Bukowski · Sûryâ – Leconte de Lisle
Nocturne en bleu et or, Saint-Marc, Venise, James Abbott McNeill Whistler (1880)
Nocturne en bleu et or, Saint-Marc, Venise1880Titre original : Nocturne blue and gold - St Marks, VeniceAccompagneÀ des journalistes de robe courte – Victor Hugo · À la partie la plus gracieuse – Guillaume Apollinaire · À travers l’Europe – Guillaume Apollinaire
Voir les autresA vous les chevaliers aux dames – Christine de Pisan · Analogie (I) – Auguste Gilbert de Voisins · Ar Roc’h-Allaz – Charles Le Goffic · Astres qui regardez… – Anna de Noailles · Bien que l’esprit humain – Pierre de Ronsard · Bon Vin et Fillette – Pierre-Jean de Béranger · Bretons têtus – Théodore Botrel · C’est un pèlerin qui revient d’Orient – Gustave Kahn · Couplets du jaloux et de la précaution favorable – Franc-Nohain · De l’amour et de la mort – Stuart Merrill · Épître I – Jean-Pierre Louis de Fontanes · Gabriel de Yturry – Paul Verlaine · Je ne vueil plus riens que la mort – Charles d’Orléans · Je vous vens la rose de may – Christine de Pisan · Judas – Jean Aicard · La nostalgie – Anna de Noailles · Le gondolier muet rame en silence - George Byron · Le voile froissé – Maurice Magre · Les Chronomètres – Maurice Rollinat · Les Deux Jardiniers – Jean-Pierre Claris de Florian · Les souhaits – Théophile Gautier · Nostalgie – Albert Giraud · Nous fumâmes toute la nuit. Puis un boy vint – Paul-Jean Toulet · Pays qui chante en travaillant – Rainer Maria Rilke · Prince héritier – Jean Lorrain · Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire – Charles Baudelaire · Toujours ce souvenir – André Chénier · Visages – Lucie Delarue-Mardrus
Rouge et or, la Salute au coucher du soleil, James Abbott McNeill Whistler (1880)
Rouge et or, la Salute au coucher du soleil1880Titre original : Red and gold Salute-sunsetAccompagneEt de même que je rêve, je raisonne si je le veux - Fernando Pessoa · Le Réveil d’Hèlios – Leconte de Lisle · Prologue – Jean Canora
Symphonie en gris et vert : l’océan, James Abbott McNeill Whistler (1881)
Symphonie en gris et vert : l’océan1881Titre original : Symphony in grey and green - the oceanAccompagneEntre donc. Mes piliers… – José-Maria de Heredia · Le prix de la vie - Léon Degrelle · Les Paroles de Schemouël-bèn-Mikah – André de Guerne
Nocturne en gris et or, James Abbott McNeill Whistler (1883)
Nocturne en gris et or1883Titre original : Nocturne grey and goldAccompagneÀ M. Alphonse de L. – Victor Hugo · Combien de temps fûmes-nous trompés nous deux - Walt Whitman · Italie, écoutez-moi donc – Théodore Botrel
Voir les autresPerdez, froissez, tuez ceste ame vagabonde – François Béroalde de Verville
Nocturne en bleu et argent, Chelsea, James Abbott McNeill Whistler (1887)
Nocturne en bleu et argent, Chelsea1887Titre original : Nocturne blue and silver ChelseaAccompagneHymne au Soleil – Alphonse de Lamartine · J’en retire comme une inspiration - Fernando Pessoa · Silène – Valère Gille
Soleil nocturne, James Abbott McNeill Whistler
Soleil nocturneTitre original : Nocturn sunAccompagneAutre naissance du jour - Jean-Joseph Rabearivelo · Enfermé dans sa tour depuis bien des semaines – Auguste Brizeux · L’Étrangère – Marceline Desbordes-Valmore
Voir les autresLe dernier Papillon – Rosemonde Gérard · Luxures – Paul Verlaine · Ni l’éblouissement du regard… – Anna de Noailles · Parce que du mal et du pire – Jean Moréas · Rosaire 1 – Francis Jammes · Toi ! me hais-tu ? – Marceline Desbordes-Valmore

Pour aller plus loin

Guillain Méjane