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Mon œil trouant les joncs dardait chaque encolure – Stéphane Mallarmé

Mon œil trouant les joncs dardait chaque encolure – Stéphane Mallarmé

Mon œil trouant les joncs dardait chaque encolure
Immortelle, qui noie en l’ombre, sa brûlure
Avec un cri de rage au ciel de la forêt ;
Et le splendide bain de cheveux disparaît
Dans les clartés et les frissons, ô pierreries !
Blonde dont les coiffeurs divins sont les orfèvres,
Je veux que mes cheveux qui ne sont pas des fleurs
À répandre l’oubli des humaines douleurs,
Mais de l’or, à jamais vierge des aromates,
Dans les éclairs cruels et dans leurs pâleurs mates
Observent la froideur stérile du métal,
Vous ayant reflétés, joyaux du mur natal,
Armes, vases, depuis ma solitaire enfance.
Conte moi
Quel sûr démon te jette en ce sinistre émoi,

Ce baiser, ces parfums offerts, et le dirai-je ?
Ô mon cœur, cette main encore sacrilège,
Car tu voulais, je crois, me toucher, sont un jour
Qui ne finira pas sans malheur sur la tour…
Et je chéris, ô bête implacable et cruelle,
Jusqu’à cette froideur par où tu m’es plus belle.
Calices balançant la future fiole,

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