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Bouffonneries – Charles Baudelaire

Bouffonneries – Charles Baudelaire

SUR LES DÉBUTS D’AMINA BOSCHETTI
AU THÉÂTRE DE LA MONNAIE, À BRUXELLES.

Amina bondit,–fuit, puis voltige et sourit;
Le Welche dit: «Tout ça, pour moi, c’est du prâcrit;
Je ne connais, en fait de nymphes bocagères,
Que celles de Montagne-aux-Herbes-Potagères.»

Du bout de son pied fin et de son œil qui rit,
Amina verse à flots le délire et l’esprit;
Le Welche dit: «Fuyez, délices mensongères!
Mon épouse n’a pas ces allures légères.»

Vous ignorez, sylphide au regard triomphant,
Qui voulez enseigner la walse à l’éléphant,
Au hibou la gaîté, le rire à la cigogne,

Que sur la grâce en feu le Welche dit: «Haro!»
Et que le doux Bacchus lui versant du bourgogne,
Le monstre répondrait: «J’aime mieux le faro!»

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