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Le Carnaval de 1818 – Pierre-Jean de Béranger

Le Carnaval de 1818 – Pierre-Jean de Béranger

On crie à la ville, à la cour :
Ah ! qu’il est court ! ah ! qu’il est court ! (bis.)

Des veuves, des filles, des femmes,
Tu dois craindre les épigrammes ;
Carnaval dont chacun pâtit,
Dis-nous qui t’a fait si petit.
Carnaval (bis), ah ! comment nos belles
T’accueilleront-elles ?

On crie à la ville, à la cour :
Ah ! qu’il est court ! ah ! qu’il est court !

Chez nous quand si peu tu demeures,
Des prières de quarante heures
Les heures qu’on retranchera
Sont tout ce qu’on y gagnera.
Carnaval (bis), ah ! comment nos belles
T’accueilleront-elles ?

On crie à la ville, à la cour :
Ah ! qu’il est court ! ah ! qu’il est court !

Vendu sans doute au ministère,
Tu ne viens qu’afin qu’on t’enterre,
Quand sur toi nous avions compté
Pour quelques jours de liberté.
Carnaval (bis), ah ! comment nos belles
T’accueilleront-elles ?

On crie à la ville, à la cour :
Ah ! qu’il est court ! ah ! qu’il est court !

Des ministres, oui, je le gage,
À la Chambre, on te croit l’ouvrage ;
Et contre eux enfin déclaré,
Le ventre même a murmuré.
Carnaval (bis), ah ! comment nos belles
T’accueilleront-elles ?

On crie à la ville, à la cour :
Ah ! qu’il est court ! ah ! qu’il est court !

Dis-moi, ta maigreur sans égale
Est-elle une leçon morale
Que chez nous, en venant dîner,
Wellington veut encor donner ?
Carnaval (bis), ah ! comment nos belles
T’accueilleront-elles ?

On crie à la ville, à la cour :
Ah ! qu’il est court ! ah ! qu’il est court !

En France on vit de sacrifice ;
Aurait-on craint que la police,
Toujours prête à nous égayer,
N’eût trop de masques à payer ?
Carnaval (bis), ah ! comment nos belles
T’accueilleront-elles ?

On crie à la ville, à la cour :
Ah ! qu’il est court ! ah ! qu’il est court !

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