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Gustave Courbet

Au printemps 1841, un jeune Franc-Comtois descend la Seine en bateau jusqu’au Havre et écrit à son père : « Nous avons enfin vu la mer, la mer sans horizon (que c’est drôle pour un habitant du vallon). » Gustave Courbet a vingt et un ans. Le peintre qui fera scandale en bousculant la hiérarchie des genres, celui d’Un enterrement à Ornans et de L’Atelier du peintre, n’est pas sur ce mur. On y trouve l’autre Courbet, celui qui, à la fin de sa vie, se tient tout entier face aux éléments du paysage – et d’abord face à la mer.

Les toiles réunies ici vont de 1854 à 1874 : vingt ans qui mènent du Languedoc au Léman. La plage à Palavas (1854) date du long séjour à Montpellier auprès d’Alfred Bruyas, l’agent de change devenu son mécène, quand Courbet saisit l’âpre beauté des paysages du Languedoc. Sur le site, elle accompagne une page de Courbet lui-même, sa Lettre à Maurice Richard : en juin 1870, il y refuse la Légion d’honneur et la termine par ces mots, « J’ai cinquante ans et j’ai toujours vécu libre ». La plage et le refus des honneurs vont bien ensemble.

Deux mers de 1869

Viennent ensuite les marines. À partir de 1865, à Trouville et à Deauville, en compagnie de Whistler, Courbet peint des séries de mers ; La trombe de mer (1866) appartient à ces années normandes. En 1869, un long séjour à Étretat, alors station peu connue, lui donne l’idée d’une nouvelle série de paysages marins, celle de La Vague. De cette même année viennent La mer calme et Immensité : regardez-les l’une après l’autre, comme deux états d’un même motif : la mer au repos, puis ce que le peintre a simplement nommé l’immensité.

Puis le mur change de ton. Branche de pommier en fleurs porte la date de 1871 : l’année de la Commune, où Courbet, élu au conseil et délégué aux Beaux-Arts, est accusé d’avoir fait abattre la colonne Vendôme, condamné, emprisonné à Sainte-Pélagie. En prison, il peint de nombreuses natures mortes. Cette floraison printanière est d’autant plus saisissante qu’elle surgit dans une année pareille ; le site l’a confiée, entre autres, à Quinze longs jours encore et plus de six semaines de Verlaine.

Le lac de l’exil

Enfin l’exil. Condamné en 1873 à payer la reconstruction de la colonne, ruiné, Courbet passe clandestinement en Suisse et s’installe à La Tour-de-Peilz, au bord du Léman, où il mourra le 31 décembre 1877. Le Port de Clarens sur le lac de Genève (1874) est de ces années-là : Courbet travaille alors pour madame Arnaud de l’Ariège, dans son château des Crètes, à Clarens même. Après les tempêtes normandes, une eau de lac.

Ce qui manque ici : les portraits, les nus, les chasses et les neiges d’Ornans. Mais les deux tiers de son millier de toiles sont des paysages, et ce mur en donne une idée juste.

La plage à Palavas, Gustave Courbet (1854)
La plage à Palavas1854AccompagneEt vous, mers - Saint-John Perse · Lettre à Maurice Richard - Gustave Courbet · Pierre-Jean de Béranger — Le poète que toute la France chantait
Voir les autresTrois pins parasols - Guillain Méjane
La trombe de mer, Gustave Courbet (1866)
La trombe de mer1866AccompagneA Éléonore. – Évariste de Parny · À la Fontaine du Vivier – Jean-Pierre Louis de Fontanes · À une raison – Arthur Rimbaud
Voir les autresChanson – Auguste Gilbert de Voisins · Chœur – Jean Moréas · Conte – Stuart Merrill · Danaé – Edmond Haraucourt · Dans la Rue – Sully Prudhomme · De ces terrasses où, le soir – Charles Van Lerberghe · Désir – Guillaume Apollinaire · Douleur, courroux, desplaisir et tristesse – Charles d’Orléans · Épître 69 – Voltaire · Et puis il y a ce moment - Guillain Méjane · Fête – Guillaume Apollinaire · Garde ton rêve – Albert Lozeau · Histoire (lamentable et véridique) d’un poète subjectif et inédit – Georges Fourest · L’Académie et le Caveau – Pierre-Jean de Béranger · L’Escalier – Albert Giraud · L’Indigné – Maurice Rollinat · La gente Françoise a de nombreux professeurs – Théodore Hannon · La Maison – Henri de Régnier · La tourterelle – Daniel Thaly · Le Bouvreuil et le Corbeau – Jean-Pierre Claris de Florian · Le tournebroche à poids qui réglait la cuisine – Paul-Jean Toulet · Marie Stuart – Albert Giraud · Noël en taule – Robert Brasillach · Nos Seigneurs – Maurice Rollinat · Offrande – Anna de Noailles · Pensées de neige – Albert Lozeau · Placet futile – Stéphane Mallarmé · Plénitude – Anna de Noailles · Pour S… – Paul Verlaine · Quant je ne fois a nul tort – Christine de Pisan · Quoi ! tu crains de mourir… – Anna de Noailles · Röslein – Jean Canora · Soleil d’hiver – Louisa Siefert · Tel cheval qui boit à la fontaine – Rainer Maria Rilke · Une aventure de l'amour – Daniel Lesueur
Immensité, Gustave Courbet (1869)
Immensité1869AccompagneLa Charité – Alphonse de Lamartine · Le Chant de Debora – André de Guerne · Le joueur d'échecs - Stefan Zweig
La mer calme, Gustave Courbet (1869)
La mer calme1869Accompagne— « Enfin, puisque c’est Sa demeure – Paul-Jean Toulet · À Léon Vanier. II – Paul Verlaine · Ah ! jeter les filets crevés, les hameçons – Tristan Derème
Voir les autresAltesse – Jean Lorrain · Bar de la paix – Daniel Thaly · Cauchemar – Théophile Gautier · Chanson des peintres – Charles Cros · Éblouissement – Anna de Noailles · Élévation – Anna de Noailles · Épître IV – Jean-Pierre Louis de Fontanes · Je ne vous voy pas à demy – Charles d’Orléans · Je vois – Christine de Pisan · L'Orient – Daniel Lesueur · L’Autre Président – Victor Hugo · L’Ivresse – Émile Verhaeren · L’Ombre d’Anacréon – Pierre-Jean de Béranger · La petite amateur de crème. – Marceline Desbordes-Valmore · Le chant des rameurs - Birago Diop · Le Crapaud – Maurice Rollinat · Le fond de l’Eau – Maurice Rollinat · Le Sanglier et les Rossignols – Jean-Pierre Claris de Florian · Le Sonnet de la jambe – Albert Mérat · Le Vigneron champenois – Guillaume Apollinaire · Les Cloches – Georges Rodenbach · Les Imprécations d’Agar – Catulle Mendès · Les Yeux des vierges – Maurice Rollinat · Mignonne, es-tu dévote et fais-tu ta prière ? – Maurice Bouchor · Nocturne – Charles Le Goffic · Poème 121 – Pierre de Ronsard · Puisqu’il faut que la mort – Anna de Noailles · Reflet dangereux – Auguste Gilbert de Voisins
Branche de pommier en fleurs, Gustave Courbet (1871)
Branche de pommier en fleurs1871AccompagneÀ M. Bailly – André Chénier · C’est l’hiver – Guillaume Apollinaire · Cantique – Anna de Noailles
Voir les autresCe que je fais – Edmond Rostand · Glose de Monsieur Sarrasin – Isaac de Benserade · Il faut que le poëte, épris d’ombre et d’azur – Victor Hugo · Le Poulpe – Guillaume Apollinaire · Légende non dorée – Raoul Ponchon · Lente - Jean-Joseph Rabearivelo · Quinze longs jours encore et plus de six semaines – Paul Verlaine · Salut, Terre ! Salut, mère ! Salut, nourrice ! – Jean Richepin
Le Port de Clarens sur le lac de Genève, Gustave Courbet (1874)
Le Port de Clarens sur le lac de Genève1874AccompagneÀ mes amis. – Alphonse Esquiros · Ah ! ce n’est pas deux moi qui sont en moi ! C’est dix – Jean Richepin · Giboulée - Nérée Beauchemin
Voir les autresJe vous vens la fleur de peschier – Christine de Pisan · L’aube blanche dit à mon rêve – Charles Van Lerberghe · La Patrie – Anna de Noailles · La superstition – André Chénier · Langueur – Paul Verlaine · Répandant l’ironie à flots – Théodore de Banville
Baie avec falaise, Gustave Courbet
Baie avec falaiseAccompagneÀ Emmanuel Chabrier – Paul Verlaine · Au nom de ce qui vit, paix à ce qui n’est plus – Victor Hugo · Colomb - Nérée Beauchemin
Voir les autresDans un parfum de roses blanches – Charles Van Lerberghe · Fumée d’Ajonc – Théodore Botrel · Je n’ai jamais aimé mes vers que nouveau-nés – Charles-Théophile Féret · L’Auréole – Théodore de Banville · O forme que les mains ne sauraient retenir ! – Renée Vivien · Voyez comme tout change – Pierre de Ronsard

Pour aller plus loin

Guillain Méjane