
Marie Stuart – Albert Giraud
Le front meurtri sous une invisible couronne,
La reine encore enfant, veuve d’un jeune amour,
Pleure l’ordre reçu de quitter cette cour
Si fine et si féline où son printemps fleuronne.
Là-bas, qui dénouera ses cheveux embrasés ?
Qui sera sa patrie ardente ? Quelle ivresse
Lui verseront la haine et le ciel sans caresse
De ce peuple rigide, ennemi des baisers ?
Défaillante, elle songe à l’adolescent frêle,
Au roi de peu de nuits qui s’est éteint par elle,
Cierge mort sur lequel son haleine a soufflé ;
Et même en ses regrets déjà presque adultère,
Élit pour sa devise un beau vers désolé :
« Ce que j’ai de plus doux est couché sous la terre. »























