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À mes amis. – Alphonse Esquiros

Le Port de Clarens sur le lac de Genève, Gustave Courbet (1874)

Tableau : Le Port de Clarens sur le lac de Genève, Gustave Courbet, 1874

Lorsqu’autour du foyer nous causons à voix basse,
Que la flamme rougit sur notre front penché,
Que ma main dans vos mains tendrement s’entrelace,
Et que de ses travaux mon esprit se délasse
Dès qu’il s’est sur vous épanché :
Quand dans vos yeux émus un sourire rayonne,
Vous voyez tout-à-coup notre front s’attrister ;
Et de ce changement votre amitié s’étonne.
Amis ! c’est que je pense en mon cœur monotone,
Qu’un jour il faudra nous quitter.

Et puis je dis : Seigneur, daigne alors me les rendre,
Qu’au cercle de tes saints nous nous retrouvions tous.
Quand la mort à la terre aura rendu leur cendre,
De tous ceux que j’aimai d’une amitié si tendre
Qu’aucun ne manque au rendez-vous.

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