Sélectionner une page

Chanson – Auguste Gilbert de Voisins

La trombe de mer, Gustave Courbet (1866)

Tableau : La trombe de mer, Gustave Courbet, 1866

Je crois, en essaim, voir voler
Des vers que, jadis, vous me lûtes,
Dans ce parc aux tons violets
Où s’évapore un air de flûte.
Ces vers formaient une chanson
Dont la grâce, tant soit peu vieille,
Tenait sa gaîté du pinson
Et son dard cruel de l’abeille.
Ils chantaient les rêves d’un fou:
Mes soupirs, vos regrets, mes fièvres,
Vos deux bras autour de mon cou
Et ma bouche contre vos lèvres;
Ils célébraient à son éveil
Le terrible amour aux yeux sombres…
Jadis, ils volaient au soleil,
Maintenant, ils volent dans l’ombre.

DXLVIII

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois