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Ivan Aïvazovski

Ivan Aïvazovski ne peignait pas devant la mer. Il la regardait, s’en souvenait, puis la recomposait à l’atelier, sans études préalables, guidé par une simple esquisse au crayon. Courbet, Boudin ou Jongkind travaillaient sur le motif ; lui peignait de mémoire, et ses vagues en gardent quelque chose de plus grand que nature : une lumière qui semble monter de l’eau, un ciel qui se mêle aux lames, l’émotion d’abord, le paysage ensuite.

Né en 1817 à Théodosie, en Crimée, dans une famille pauvre de marchands arméniens – le nom de ses parents était Aïvazian –, il part en 1833 pour l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg. Le tsar Nicolas Ier lui ordonne bientôt d’accompagner son fils dans les expéditions de la flotte de la Baltique : cet ordre décide de sa vie. Nommé en 1845 peintre de l’état-major de la Marine impériale, il suit la flotte en Turquie, en Grèce, en Égypte, puis se retire dans sa ville natale, où il meurt en 1900. Il laisse plus de six mille œuvres, dont environ la moitié de marines.

Le mur est court, mais il tient toute une carrière, de 1840 à l’année de sa mort. Venise (1840) date du grand voyage en Europe qui le mène d’Italie en France, en Hollande et en Angleterre, et au cours duquel il rend visite, sur l’île de San Lazzaro, à son frère aîné Gabriel, moine mékhitariste. Sur le site, elle accompagne Le Malheur d’Alfred de Vigny. La dernière toile, Flotte sur le Bosphore (1900), rappelle ses liens avec Constantinople : le sultan Abdülaziz, grand amateur de peinture, lui avait commandé plus de quarante tableaux.

Clairs de lune et mer forte

Entre les deux, arrêtez-vous devant Navire traversant la mer Noire au clair de lune (1879). Les clairs de lune reviennent sans cesse dans son catalogue, et la mer Noire est celle de son enfance ; il lui consacrera en 1881 une grande toile, La Mer Noire, qui n’est pas accrochée ici. Vaisseau par mer forte (1888) montre l’autre visage de l’eau, furieuse, et Le survivant (1892) porte un titre qui renvoie aux naufrages, sujet qu’il a peint à maintes reprises. Chahen Khatchatourian, ancien directeur de la Galerie nationale d’Arménie, voyait dans ces luttes contre la mer en furie la volonté de survie attachée à la culture arménienne. Ici, la toile illustre Elle passa. Je crois qu’elle m’avait souri de Victor Hugo.

Manquent à ce mur les grandes pages romantiques des années 1850, La Neuvième Vague en tête, et les batailles navales peintes pour la flotte. Restent des marines plus intimes, où l’on juge sur pièce ce que Delacroix admirait chez lui et ce qui le fit tenir pour un génie par Turner : la transparence de l’eau, tantôt calme, tantôt tumultueuse, et cette façon de faire du ciel et de la mer une seule matière lumineuse.

Venise, Ivan Aïvazovski (1840)
Venise1840Accompagne2 — Le lendemain – Évariste de Parny · À G… – Paul Verlaine · A madame de la briche. – Jean-Pierre Claris de Florian
Voir les autresÀ Paul Arène – Théodore de Banville · Allez, allez, vieille nourrice – Charles d’Orléans · Ami, voici la viole et le luth – Gustave Kahn · Assurance – Auguste Gilbert de Voisins · Au temps que j’étais pur – Louis Bouilhet · Aux femmes – Charles Cros · Ce fut par un soir de l’automne – Paul-Jean Toulet · Déjà nommé – Victor Hugo · Dessin - Widad Benmoussa · Je vous vens le blanc orillier – Christine de Pisan · La Jeune Comédienne – Marceline Desbordes-Valmore · La Victoire (Apollinaire) – Guillaume Apollinaire · La Vierge en bouteille – Raoul Ponchon · Le Bon Ménage – Pierre-Jean de Béranger · Le Château de cartes – Jean-Pierre Claris de Florian · Le jardinier des âmes – Marie Krysinska · Le Lion – Guillaume Apollinaire · Le Malheur – Alfred de Vigny · Le nageur – Maurice Magre · Le retour de l'empereur – Victor Hugo · Le Sonnet du nez – Albert Mérat · Les Ébauches – Renée Vivien · Ô Mort, vous rendez tout… – Anna de Noailles · Que tu es simple et claire – Charles Van Lerberghe · Regarde le jardin abandonné, le banc – Tristan Derème · Sonnet pointu – Edmond Haraucourt · Source de plour, riviere de tristece – Christine de Pisan · Théophile Gautier — L'orfèvre condamné au journal · Un bal de l'opéra – Daniel Lesueur · Veus tu treuver la mort facile et transitoire – Jean-Baptiste Chassignet
La mer, Ivan Aïvazovski (1863)
La mer1863Titre original : SeaAccompagneA qui vendez vous voz coquilles – Charles d’Orléans · Accalmie – Jean Moréas · Amour, je pren congé – Pierre de Ronsard
Voir les autresAngoisse – Cécile Sauvage · Artevelde – Émile Verhaeren · Aux mânes d’Edmond Géraud – Marceline Desbordes-Valmore · Boulogne, où nous nous querellâmes – Paul-Jean Toulet · Ce n’est peut-être pas le tribut que réclame – Anna de Noailles · Dans la blondeur du jour – Rainer Maria Rilke · Défaillance – Georges Rodenbach · Épigramme votive – Anna de Noailles · Et puis l’oubli viendra, l’oubli, triste ouvrier – Georges de Porto-Riche · Étude antique – Louis Bouilhet · Inquiétude – Daniel Lesueur · L’Atalante – Louis Fréchette · L’envoûtement – Maurice Magre · La Carpe et les Carpillons – Jean-Pierre Claris de Florian · La Chanson de l’Homme fort – Georges Eekhoud · La Dame de printemps – Albert Samain · La musique - Charles Baudelaire · Les deux porte-sceptre – Victor Hugo · Litanie – Tristan Corbière · Mon verre est vidé – Jean Richepin · Nourmahal-la-Rousse – Victor Hugo · Pluviôse – Louisa Siefert · Tombe d’un ami – Auguste Gilbert de Voisins · Un visage, une phrase, un merle, ce fruit d’if – Tristan Derème · Vers à Circé – Edmond Haraucourt
Paysage d’hiver, Ivan Aïvazovski (1876)
Paysage d’hiver1876Titre original : Winter landscapeAccompagneCohésion - Tomas Tranströmer · Le Reniement de Nymphodora – André de Guerne · Soit. Mais quoi que ce soit qui ressemble à la haine – Victor Hugo
Navire traversant la mer Noire au clair de lune, Ivan Aïvazovski (1879)
Navire traversant la mer Noire au clair de lune1879Titre original : Ship sailing across the moonlit Black SeaAccompagneAux Muses – André Chénier · Belle gorge d’albastre – Pierre de Ronsard · L'océan – Victor Hugo
Voir les autresL’infaillibilité – Victor Hugo · La poussière est le seul secret - Emily Dickinson · La Renaissance – Théodore de Banville · Le jardin – Henri de Régnier · Le Mancenillier – Léon Dierx · Les Chats-Huants – Maurice Rollinat · Quand elle est partie – Ulric Guttinguer · Survivre - Jules Supervielle
Vaisseau par mer forte, Ivan Aïvazovski (1888)
Vaisseau par mer forte1888AccompagneDans le jardin taillé – Jean Moréas · La figure de proue - Lucie Delarue-Mardrus · Les danseuses de Degas – Albert Mérat
Voir les autresMien — par le droit de la blanche élection ! - Emily Dickinson · Orgueil de poète – Renée Vivien
Le survivant, Ivan Aïvazovski (1892)
Le survivant1892AccompagneD'Iberville - Nérée Beauchemin · Elle passa. Je crois qu’elle m’avait souri – Victor Hugo · Hésiode – Valère Gille
Flotte sur le Bosphore, Ivan Aïvazovski (1900)
Flotte sur le Bosphore1900AccompagneChasse – Auguste Gilbert de Voisins · Côtes de Pordic – Abbé Perrot · Épilogue – Georges Rodenbach
Voir les autresFormosus pastor ardebat Alexim – Jacques d’Adelswärd-Fersen · Hortorum deus – José-Maria de Heredia · Humeur chagrine – Auguste Gilbert de Voisins · Il n’est rien qui n’ait plu – Anna de Noailles · Imprécations a un lache transfuge – Fagus · La Maladie – Maurice Rollinat · Le Ruisseau – Marceline Desbordes-Valmore · Les Fils des Anges – Catulle Mendès · Les Immortels – Armand Silvestre · Les trois adolescents – Maurice Magre · Les trois feux – Jean Richepin · Maintenant que la neige a blanchi la maison – Tristan Derème · N’est-ce pas triste que nos yeux se ferment ? – Rainer Maria Rilke · Nativité – Théophile Gautier · Poème 41 – Pierre de Ronsard · Poème 65 – Pierre de Ronsard · Quête vaine - Birago Diop · Souvent, à la clarté – Armand Silvestre · Tout aussi tot que ie commence à prendre… – Louise Labé · Tristesse – Hippolyte Buffenoir · XXX. Le printemps naît subitement – Anna de Noailles

Guillain Méjane