
L’envoûtement – Maurice Magre

Il est dans un boudoir une affreuse poupée
Faite de cire vierge et d’oripeaux drapée,
Avec quelques cheveux mal collés sur le front.
Le polissoir, le kohl et le peigne lui font
Un cadre reflété par le miroir qui penche
Sur la coiffeuse. Avec une fine main blanche
La sorcière aux yeux noirs la touche et la pétrit.
Son corps dans le peignoir garde l’odeur du lit
Et le plaisir fait tressaillir les seins qui tremblent.
La petite statue en cire me ressemble.
C’est ma caricature avec mes vêtements.
Quatre cierges vont éclairer l’envoûtement,
L’air est lourd de l’encens que l’on brûle avec l’ambre.
La grosse manucure et la femme de chambre
Solennelles, s’associent, grotesques assistants,
Et récitent tout haut la prière à Satan.
Et la jeune sorcière aux yeux de jeune fille
Rit et perce mon cœur par trois fois d’une aiguille.























