
Les Chats-Huants – Maurice Rollinat

Au fond des campagnes sévères :
— Champs ravinés, marais gluants,
Bois pierreux, carrefours, calvaires, —
Voici geindre les chats-huants.
Mais c’est une plainte peureuse,
D’un éclat profond, bref et mou…
Comme un tout petit miaou
Qui s’enveloppe et qui se creuse.
Leur concert de sanglots malins
D’ordinaire autrement résonne :
Ce soir, le silence en frissonne,
Car chacun des oiseaux félins,
Pour crier le mauvais augure,
Reste invisiblement caché
Dans son petit chêne ébranché,
De fantomatique figure.
Si bien qu’en ce lugubre lieu,
Parmi ces rocs dont peu à peu
Blêmissent les couleurs de marbre.
À cette heure, sous ce ciel bas,
On s’imagine, à chaque pas,
Entendre miauler un arbre.























