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Gustav Klimt

On attend l’or, les visages aux yeux mi-clos, le Baiser. On trouve des pommiers, des forêts, un lac, des jardins. Sur ce mur, Gustav Klimt est d’abord un paysagiste, et ce n’est pas un paradoxe : son œuvre compte une cinquantaine de paysages sur quelque deux cent trente tableaux. Lui qui disait ne pas s’intéresser à sa propre personne, « mais aux autres êtres, surtout féminins, et plus encore aux apparitions », a trouvé dans la nature une autre forme d’apparition.

Tout commence l’été. À partir de 1897, l’année où il fonde avec ses amis la Sécession viennoise, Klimt passe ses étés avec Emilie Flöge, sa compagne, dans la région de l’Attersee, et c’est là qu’il peint ses premiers paysages. Jardin fleuri est de cette année-là, Attersee de 1900. Il leur donne volontiers le format carré, cher aux artistes de la Sécession, et n’y met aucun personnage, d’où l’impression de sérénité qui s’en dégage. Il les commence sur le motif et les termine à l’atelier.

Forêt de sapins I (1901) et La forêt en automne (1908) encadrent les années de l’or : pendant qu’il peint ses grandes figures dorées, Klimt continue, l’été venu, à regarder les arbres. À partir de 1909, Klimt renonce à l’or et peint des paysages de plus en plus stylisés, aux couleurs vives, qui le rapprochent du pointillisme de Seurat, de Van Gogh et de Bonnard. Le parc (1910), Ferme en Autriche (1911) et les deux pommiers de 1912 appartiennent à ce moment. Pommier I a une histoire : il faisait partie des cinq tableaux de Klimt volés par les nazis en 1938 à la famille Bloch-Bauer, que l’Autriche dut restituer en 2006 à Maria Altmann, nièce d’Adele Bloch-Bauer, au terme d’une longue bataille judiciaire. Il accompagne ici Seul sur la lune de Scylla.

Deux toiles rappellent l’autre Klimt. Serpents d’eau II (1907) appartient au Cycle d’or, cette période où l’or, découvert dans les mosaïques byzantines de Ravenne en 1903, donne à ses figures sensuelles quelque chose de sacré. La mort et la vie est la grande allégorie primée à Rome en 1911, dont Klimt remplaça en 1912 le fond d’or par un fond bleu ; la vie, l’amour et la mort sont les trois grands thèmes de son œuvre.

Parc de Schönbrunn (1916) ferme le mur. Sa mère est morte l’année précédente ; sa palette s’assombrit et ses paysages tendent vers la monochromie. Klimt meurt à Vienne au début de 1918, laissant de nombreuses toiles inachevées. Il manque ici les portraits de femmes, la Frise Beethoven, Judith : ce mur est celui des étés, des vergers et des jardins.

Jardin fleuri, Gustav Klimt (1897)
Jardin fleuri1897Titre original : Flower gardenAccompagneÀ ma belle lectrice – Louis Bouilhet · À madame Sophie Gay – Marceline Desbordes-Valmore · À un médecin (Claude Perrault) – Nicolas Boileau
Voir les autresAmen – Maurice Maeterlinck · Bourgogne d’Australie ! – Raoul Ponchon · Caresse – Charles Cros · Celle qui chantait – Théodore de Banville · Dieu vous envoye pascience – Charles d’Orléans · Fable XIV. – Jean-Pierre Claris de Florian · IV. Décadence – Jean Lorrain · L'obélisque de luxor – Théophile Gautier · L’été danse au jardin – Cécile Sauvage · La douane franchie – Francis Jammes · La jambe de Damis[1]. – Marceline Desbordes-Valmore · La Visite – Germain Nouveau · Lausanne – Francis Picabia · Le Paysan et la Rivière – Jean-Pierre Claris de Florian · Le petit nid – Franc-Nohain · Le Sabbat – Marie Krysinska · Le Triste Domaine – Stuart Merrill · M'amour, mon bien, ma dame, ma princepse – Christine de Pisan · Ô rosaires de buis, grains à grains déroulés – Émile Trolliet · Ophélie – Arthur Rimbaud · Perse, 37. – Mathurin Régnier · Petit Air (guerrier) – Stéphane Mallarmé · Poème 189 – Pierre de Ronsard · Pour Claude debussy, décoré – Fagus · Psaume II – Robert Brasillach · Puisque tout est pareil aux feuillages labiles – Tristan Derème · Quatorzain pour tous – Paul Verlaine · Réveil – Albert Glatigny · Solitude – Rainer Maria Rilke · Sonnet (I) – Paul Verlaine · Sonnet du 8 février 1915 – Guillaume Apollinaire · Sourire dans la Mort – Renée Vivien · Tsigane - Charles Cros · Un peu de noir de fumée – Maurice Magre · Une larme, ou Consolation – Alphonse de Lamartine · Vous souvient-il de ces choses – Rainer Maria Rilke
Attersee, Gustav Klimt (1900)
Attersee1900AccompagneLa Chasse – José-Maria de Heredia · Le Banquet – Frédéric Monneron · Possibilité de progrès - Frédéric Nietzsche
Forêt de sapins I, Gustav Klimt (1901)
Forêt de sapins I1901Titre original : Fir Forest IAccompagneArt poétique - Abû Nuwâs · Objets sacrés - Louise Glück
Serpents d'eau II, Gustav Klimt (1907)
Serpents d'eau II1907Titre original : Water snakes IIAccompagneA l'enfant - Alain Bosquet · De la certitude - Ludwig Wittgenstein
La forêt en automne, Gustav Klimt (1908)
La forêt en automne1908AccompagneJean Moréas — Celui qui a nommé le symbolisme et s'en est allé · Jeune fille au rire moqueur – Zénon Fière
Le parc, Gustav Klimt (1910)
Le parc1910AccompagneÀ ce théâtre où l’art chancelle – Georges de Porto-Riche · Abandon entouré d’abandon – Rainer Maria Rilke · Chanson des rames – Louis Bouilhet
Voir les autresFrance Et Canada – Jean-Baptiste Caouette · Jérusalem - Yehuda Amichaï · L’inscription sur la terre – Jean Aicard · Le paradis terrestre – Maurice Magre · Les Cloches – Maurice Rollinat · Les deux Trottoirs – Raoul Ponchon · Les Petits Fauteuils – Maurice Rollinat · Les poules en voyage – Franc-Nohain · Mademoiselle E. A. – Francis Jammes · Mariage chinois – Raoul Ponchon · Mi-Carême – Raoul Ponchon · Monstrez au criminel que le grand Parlement – Jean-Baptiste Chassignet · Mors – Henri de Régnier · Notre petite compagne – Jules Laforgue · Où est donc le bonheur ? – Victor Hugo · Pluie d’automne – Marie Krysinska · Poème 124 – Pierre de Ronsard · Qualités – Auguste Gilbert de Voisins · Quand le Ciel – Pierre de Ronsard · Tu ne meurs point trop tost restant un jour au monde – Jean-Baptiste Chassignet · Tumulus romæ veteris – Joachim Du Bellay
Ferme en Autriche, Gustav Klimt (1911)
Ferme en Autriche1911AccompagneAmour et Gloire – Charles Fuster · Ballade XI – Charles d’Orléans · Ballade XLVII – Charles d’Orléans
Voir les autresEn vain tu mets tes doigts sur mes yeux inquiets – Tristan Derème · Flamboyants avant les fleurs - Aco Sopov · Gros temps – Théodore Hannon · Invitation (II) – Auguste Gilbert de Voisins · L’Idéal – Charles Baudelaire · La Bonne Lorraine – Théodore de Banville · La Mort – Jean-Pierre Claris de Florian · La Ronce – Henri de Régnier · La vallée des larves – Maurice Magre · Les hannetons ont fini leur ravage – Rainer Maria Rilke · Les Journées Romaines – Anna de Noailles · Les Oiseaux – Pierre-Jean de Béranger · Les Roses – Marceline Desbordes-Valmore · Mélodie matinale – Anna de Noailles · Ode : Mes bosquets sont flétris – Jean-Pierre Louis de Fontanes · Poubelles dans le bois – Raoul Ponchon · Profession de foi – Renée Vivien · Quatrains – Théophile Gautier · Tenir ta chère tête en mes mains – Stuart Merrill · Triomphe – Théodore de Banville
Pommier, Gustav Klimt (1912)
Pommier1912AccompagneAnyta de Mytilène – Renée Vivien · Je veux, pour te tuer, ô temps qui me dévastes – Paul Verlaine · Lambe - Jean-Joseph Rabearivelo
Voir les autresLe Cauchemar d’un ascète – Maurice Rollinat · Les jeunes d’aujourd’hui vont répétant souvent – Jacques Normand · XLIII. Si l’esprit survivait à la chair, je saurais – Anna de Noailles
Pommier I, Gustav Klimt (1912)
Pommier I1912Titre original : Apple IAccompagneSeul sur la lune - Scylla
La mort et la vie, Gustav Klimt (1915)
La mort et la vie1915Titre original : Death and lifeAccompagneLe secret - Emmanuel Bove · Par terre, je suis à ma place - Guillain Méjane
Parc de Schönbrunn, Gustav Klimt (1916)
Parc de Schönbrunn1916Titre original : Park of SchönbrunnAccompagneCouche-toi, endors-toi – Vasile Alecsandri · Invocation – Achille Segard

Pour aller plus loin

Guillain Méjane