
Anyta de Mytilène – Renée Vivien

Φριξοκόμᾳ τόδε Πανὶ καὶ αὐλιάσιν θέτο Νυμφαις
δῶρον ὑπὸ σκοπιᾶς Θεύδοτος οἰονόμος ·
οὕνεχ’ ὑπ’ ἀζαλέου θέρεος μέγα κεκμηῶτα
παῦσαν, ὀρέξασαι χερσὶ μελιχρρὸν ὕδωρ.
Ἑρμᾶς τᾷδ’ ἔστακα παρ’ ὄρχατον ἠνεμόεντα
ἐν τριόδοις πολιᾶς ἐγγύθεν αΐονος,
ἀνδράσι κεκμηῶσιν ἔχων ἄμπαυσιν ὁδοῖο ·
ψυχρὸν δ’ἀχραὴς κράνα ὕδωρ προχέει.
Ξεῖν’, ὑπὸ τᾶν πέτραν τετρυμμένα γυϊ ‘ ἀνάπαυσον.
ἁδύ τοι ἐν χλωροῖς πνεῦμα θροεῖ πετάλοις ·
πίδακα τ’ ἐκ παγᾶς ψυχρὸν πίε · δὴ γὰρ ὁδίταις
ἄμπαυμ’ ἐν θερμῷ καύματι τοῦτο φίλον.
Οὐκ ἔτι δὴ πλωτοῖσιν ἀγαλλόμενος πελάγεσσιν
αὐχεν’ ἀναῤῥίψω βυσσόθεν ὀρνύμενος,
οὐδὲ περὶ σκάμοισι νεὼς περικαλλέα χείλη
ποιφύξω, τ’ἀμᾷ τερπόμενος προτομᾷ ·
ἀλλά με πορφυρέα πόντου νοτὶς ὧσ’ ἐπὶ χέρσον,
κεῖμαι δὲ ῥαδινὰν τάνδε παρ’ ἠϊόνα.
Ἡνία δή τοι παῖδες ἐνὶ, τράγε, φοινικόεντα
θέντες καὶ λασίῳ φιμὰ περὶ στόματι,
ἵππια παιδεύουσι θεοῦ περὶ ναὸν ἄελθα,
ὄφρ’ αὐτοὺς φορέῃς νήπια τερπομένους.
α. τίπτε κατ’ οἰόβατον, Πὰν ἀγρότα, δάσκιον ὕλαν
ἥμενος, ἁδυβόᾳ τῷδε κρέκεις δόνακι;
β. ὄφρα μοι ἑρσήεντα κατ’ οὔρεα ταῦτα νέμοιντο
πόρτιες ἠϋκόμων δρεπτόμεναι σταχύων.
Κύπριδος οὖτος ὁ χῶρος, ἐπεὶ φίλον ἔπλετο τήνᾳ
αἰὲν ἀπ’ ἠπείρου λαμπρὸν ὁρῆν πέλαγος,
ὄφρα φίλον ναύτῃσι τελῇ πλόον · ἀμφὶ δὲ πόντος
δειμαίνει, λιπαρὸν δερκόμενος ξοάσον.
Παρθένον Ἀντιβίην κατοδύρομαι, ἧς ἔτι πολλοὶ
νυμφίοι ἱέμενοι πατρὸς ἵκοντο δόμον.
κάλλεως καὶ πινυτῆτος ἀγακλέος · ἀλλ’ ἐπὶ πάντων
ἐλπίδας οὐλομένη μοῖρ’ ἐκύλισσε πρόσω.
Πολλάκι τῷδ’ ὀλοφυδνὰ κόρας ἐπὶ σάματι Κλείνα
μάτηρ ὠκύμορον παῖδ’ ἐβόασε, φίλαν
ψυχὰν ἀγκαλέουσα Φιλαινίδος, ἂ πρὸ γάμοιο
χλωρὸν ὑπὲρ ποταμοῦ χεῦμ’ Ἀχέροντος ἔβα.
Λοίσθια δὴ ταδε πατρὶ φίλῳ περὶ χεῖρε βαλοῦσα
εἶπ Ἐρατὼ, χλωροῖς δάκρυσι λειβόμενα ·
ὦ πάτερ, οὔτοι ἔτ’ εἰμὶ, μέλας δ’ἐμὸν ὅμμα καλύπτει
ἥδη ἀποφθιμένης κυάνεον θάνατος.
Οἰχόμεθ’, ῶ Μίλητε, φίλη πατρὶ, τᾶν ἀθεμίστων
τᾶν ἀνόμαν Γαλατᾶν ὕβριν ἀναινόμεναι.
παρθενικαὶ τρισσαὶ πολιάτιδες, ὧν ὁ βίαιος
Κελτῶν εἰς ταύτην μοῖραν ἔτρεψεν Ἄρης.
Οὐκ ἔτι ὡς τὸ πάρος πυκιναῖς πτερύγεσσιν ἐρέσσων
ὄρσεις, ἐξ εὐνῆς ὄρθριος ἐγρόμενος.
ἦ γὰρ σ’ὑπνώοντα σίνης λαθρηδὸν ἐπελθὼν
ἐκτεινεν λαιμῷ ῥίμφα καθεὶς ὄνυχα.
Θάεο τὸν Βρομίου κεραὸν τράγον, ὡς ἀγερώχως
ὄμμα κατὰ λασιᾶν γαῦρον ἔχει γενύων.
κυδιόοντ’ ὅτι οὖ θάμ’ ἐν οὖρεσιν ἀμφί περ εἶδε,
βόστρυχον εἰς ῥοδέαν Ναῒς ἔδεκτο χέρα.
D’invisibles pipeaux charment ma solitude.
Le soir voit défleurir le mélilot des prés.
Ô nymphes aux yeux verts, et toi, Pan au poil rude,
Je vous offre ces fruits que l’automne a dorés.
Lorsque j’ai convoité la fraîcheur des fontaines,
Étendu sur la roche et las des longs chemins,
Vous m’avez apporté l’eau des sources lointaines,
Ô nymphes ! dans le creux frissonnant de vos mains.
Je n’ai plus redouté l’aridité des sables,
Bouclier d’or où se double l’airain du ciel,
Car j’ai bu longuement, dans vos mains pitoyables,
L’eau claire qui me fut plus douce que le miel.
Ici, dans le verger où se croisent les vents,
Près du sable blanchi par le sel et l’écume,
J’accorde le repos, loin des étés fervents,
Sur l’herbe aux bleus reflets que le cerfeuil parfume.
L’air marin courbe l’orme et les pommiers fleuris,
Mais, ici, la langueur du mélilot s’exhale,
Et, baignant l’aloès et le vert tamaris,
La fontaine jaillit, riante et virginale.
Moi, l’Hermès dont les yeux suivent les flots d’étain,
Sur mon socle de pierre aux bords moussus, j’écoute
Le chant de l’eau, plus clair que le pipeau lointain,
Et les pâtres lassés ont oublié la route.
Sur les rocs ont erré les pieds nus de Kupris.
Elle aime à contempler, du haut de la falaise,
Les ondes déployant leurs violets d’iris
Dont l’immortel ennui s’exaspère et s’apaise.
Sur les flots ont erré les pieds nus de Kupris.
La vague a reconnu la voix de la Déesse
Qui jaillit autrefois du délicat embrun,
Blonde sous le jour blond que le désir oppresse,
Et respirant l’iode ainsi qu’un frais parfum.
La vague a reconnu la voix de la Déesse.
Son image a dompté le courroux de la mer.
Elle accorde la paix et le soleil aux voiles,
Et, souriant aux nefs de son visage clair,
Elle fait resplendir les nuits belles d’étoiles.
Son image a dompté le courroux de la mer.
La vierge Philainis traversa les Eaux vertes
De l’Achéron, sans voir les flambeaux de l’hymen,
Et les lys sont tombés d’entre ses mains ouvertes.
Sur la stèle de deuil pleure le cyclamen.
Avant de voir brûler les flambeaux de l’hymen,
La vierge Philainis traversa les Eaux vertes.
Dans les prés où la lune efface le soleil,
La vierge Philainis tresse les asphodèles.
Perséphona, fermant les yeux noirs du sommeil,
Rouit le lin parmi ses compagnes fidèles,
Et parfois, en rêvant, cueille les asphodèles
Dans les prés où la lune efface le soleil.
A. Tu respires l’odeur de l’herbe et de la terre,
Et ta flûte s’exhale en des frissons légers…
Pan rustique, pourquoi demeurer solitaire,
Assis dans le bois sombre à l’écart des bergers ?
B. Je taille les pipeaux où traîneront mes lèvres,
Moi, dieu de l’hyacinthe et de l’épi barbu…
Et mes simples chansons attireront les chèvres
Vers l’ombre et la rosée où les Nymphes ont bu.
Le souffle de la mer, adouci par le soir,
Ne réjouira plus mes lèvres et mes joues,
Et je ne verrai plus, le long des belles proues,
Mon image, comme en le métal d’un miroir.
Je ne monterai plus des profondeurs marines,
Je ne m’ébrouerai plus au soleil du matin,
Je ne me plairai plus au sourire enfantin
De l’aurore, jouant avec ses cornalines.
Ô passant, j’ai quitté le transparent émail
Des flots, où le vent pleure en d’étranges syllabes,
Où grouille obscurément la détresse des crabes,
À travers le soir gris que bleuit le corail.
Car le bondissement des courants implacables
M’a jeté sur la rive aux longs varechs flottants.
Voici la Mort au front paré d’algues, — j’attends,
Hors d’haleine et couché sur le velours des sables.
Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié























