Sélectionner une page

Poème 189 – Pierre de Ronsard

Jardin fleuri, Gustav Klimt (1897)

Tableau : Jardin fleuri, Gustav Klimt, 1897

D’un Ocëan qui nôtre jour limite
Jusques à l’autre, on ne voit point de fleur,
Qui de beauté, de grace & de valeur,
Puisse combatre au teint de Marguerite.

Si riche gemme en Orient élite
Comme est son lustre affiné de bon heur,
N’emperla point de la Conche l’honneur
Ou s’apparut Venus encor petite.
Le pourpre éclos du sang Adonien,
Le triste Ai Ai du Telamonien,
Ni des Indois la gemmeuse largesse,

Ni touts les biens d’un rivage estranger,
A leurs tresors ne sauroient eschanger
Le moindre honneur de sa double richesse.

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois