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Maurice Bouchor — Une chanson que tout le monde chante, un nom que personne ne dit

Maurice Bouchor — Une chanson que tout le monde chante, un nom que personne ne dit

1855 — 1929

Le temps des lilas et le temps des roses
Ne reviendra plus à ce printemps-ci ;
Le temps des lilas et le temps des roses
Est passé, le temps des œillets aussi.

Le temps des lilas et le temps des roses

Ces vers-là, tous les chanteurs français les ont chantés. Ernest Chausson en a fait la fin de son Poème de l’amour et de la mer, et c’est l’une des plus belles pages de la musique française.

Le nom du poète, lui, n’a pas suivi.

Les Chansons joyeuses

Il débute à dix-neuf ans avec un ami d’enfance nommé Jean Richepin, dans le Paris d’après la Commune. Les Chansons joyeuses (1874) sont un livre de jeune homme qui boit, qui aime et qui n’en revient pas d’être vivant.

Puis vient Le Poème de l’amour et de la mer (1876), d’où Chausson tirera son œuvre. C’est encore de la poésie de sensation — les lilas, la mer, les feuilles qui roussissent, une odeur de printemps — et elle est d’une justesse d’oreille remarquable.

Le tournant

Vers 1890, il change complètement. Il monte un théâtre de marionnettes, le Petit-Théâtre des Marionnettes, où l’on joue Shakespeare et des mystères médiévaux devant un public d’artistes.

Puis il se consacre à l’instruction publique : chants scolaires, morale laïque, adaptations pour les enfants. Il a écrit des centaines de chansons pour les écoles de la République, sous des mélodies populaires.

Beaucoup y ont vu un renoncement. On peut aussi voir un homme qui a décidé que la poésie devait servir à quelque chose, et qui a payé cette idée du prix de sa réputation littéraire.

Ce qui reste

Les poèmes réunis ici sont de la première manière, et ils sont bien meilleurs que leur oubli. « Las ! où sont les neiges d’antan », « La nuit était tranquille et ténébreuse à peine », « Je me suis enivré d’espace et de ciel bleu ».

Il est mort à Paris en 1929.

Choix de textes

Pour le lire

Les Chansons joyeuses (1874) · Le Poème de l’amour et de la mer (1876) — la première manière, réunie ici.

Ernest Chausson en a tiré son Poème de l’amour et de la mer (1892), l’une des plus belles pages de la musique française.

Chants populaires pour les écoles — des centaines de chansons pour l’école de la République.

Guillain Méjane

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