
Georgia O’Keeffe
En 1908, Georgia O’Keeffe renonce à peindre. Elle doute de pouvoir devenir une artiste figurative, l’odeur de la térébenthine l’incommode : pendant quatre ans, elle ne touche plus un pinceau. Il faudra l’enseignement d’Arthur Wesley Dow, qui l’encourage à chercher par la ligne, la couleur et l’ombre, puis le geste d’une amie qui envoie ses fusains au photographe Alfred Stieglitz, en 1916, pour que tout reparte. Stieglitz l’expose, l’épouse en 1924, la photographie des centaines de fois, et fait d’elle, dans les années 1920, l’une des artistes les plus connues de son temps.
On l’associe d’abord à ses gros plans de fleurs, traités à la limite de l’abstraction. Ce mur n’en montre presque pas : seule Feuilles jaunes de caryer et marguerite (1928) rappelle ces formes naturelles observées de tout près. Le reste, de 1919 à 1956, dessine un autre portrait. Il y a d’abord le lac George, où le couple passe ses étés dans la famille de Stieglitz : Nuit étoilée, lac George (1922), Du lac et Lune rose sur l’eau (1924), où la nuit tient une place qu’on n’attend pas chez elle. Il y a ensuite New York, ses rues et ses immeubles, qui l’occupent autant que les fleurs : Rue de New York avec la lune (1925), Une rue (1926), L’East River vue de l’hôtel Shelton (1938). La lune revient dans la première, qui accompagne sur le site J’ai dit jadis de Verlaine. Vague bleue, Maine (1926) ajoute la mer à ce répertoire.
Vers l’Ouest
La toile pivot est L’arbre de Lawrence (1929). Cette année-là, pour fuir le lac George, O’Keeffe part à Taos, au Nouveau-Mexique ; en explorant les environs, elle découvre le ranch de l’écrivain D. H. Lawrence, qui lui inspire l’une de ses toiles les plus connues. Le site l’a placée auprès de Je suis debout sur la falaise nue de Nietzsche. Pendant vingt ans, elle séjourne souvent dans la région, avant de s’y installer pour de bon en 1949.
Il manque à cette salle les crânes d’animaux et les grands paysages du désert qui ont fait sa légende, comme les toiles de nuages nées de ses voyages en avion. Montagnes et lac (1956), la plus tardive, date de ces années où elle vit au Nouveau-Mexique. O’Keeffe peint jusqu’à ce que sa vue baisse, au début des années 1970, et meurt à Santa Fe en 1986, à quatre-vingt-dix-huit ans.




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Pour aller plus loin
- Georgia O’Keeffe, Hazan, 2021
- O’Keeffe, Citadelles & Mazenod, 2021
- L’instinct moderne, Centre Pompidou, 2021
Guillain Méjane



















