Sélectionner une page

Les peupliers du domaine – William Chapman

Les peupliers du domaine – William Chapman

Jamais ce souvenir ne peut m’être arraché.
Comme le matelot brisé par la tempête,
Je m’y tiens attaché.
Salut, vieux peupliers qui penchez sur la route
Vos longs rameaux feuillus tout chargés de senteurs,
Qui bercez sur ma tête une ondoyante voûte
Toute pleine d’oiseaux chanteurs !

Oh ! j’aime à vous revoir, à l’époque enivrante
Où tout, sous le soleil, d’amour semble gémir !
Oh ! j’aime à vous revoir, quand la brise odorante
Sous ses baisers vous fait frémir,

Car, dans le doux babil de la feuille qui tremble,
Dans la chanson du nid sur la branche bercé,
En extase, je crois ouïr chanter ensemble
Les voix suaves du passé.

Un soir, vous souvient-il ? à la brise jalouse
Livrant ses noirs cheveux aux anneaux parfumés,
Elle m’avait suivi sur la molle pelouse
Qu’ombragent vos rameaux aimés,

L’oiseau faisait entendre un joyeux babillage…
Le vent disait tout bas un chant plein de douceur…
Nous nous étions assis à l’ombre du feuillage,
Main dans la main, cœur près du cœur.

Nous causâmes longtemps sous l’arceau qui crépite…
Oh ! qu’elle était candide, et comme je l’aimais !»…
Soir dont le souvenir fait que mon cœur palpite,
Soir, je ne t’oublierai jamais !

Oui, mes vieux peupliers, à l’époque enivrante
Où tout, sous le soleil, d’amour semble gémir,
Oui, j’aime à vous revoir, quand la brise odorante
Sous ses baisers vous fait frémir !

Car, dans le doux babil de la feuille qui tremble,
Dans la chanson du nid sur la branche bercé,
En extase, je crois ouïr chanter ensemble
Les voix suaves du passé !

Archives par mois