
Andrew Wyeth
Tout paraît exact chez Andrew Wyeth, le grain d’un mur, l’herbe sèche, la lumière d’une fin de journée, et pourtant rien n’y est tout à fait tranquille. Il se disait lui-même plus abstrait que réaliste : ce qui l’intéressait, c’était l’émotion cachée dans un objet simple. Ce mur réunit des œuvres de sa maturité et de sa vieillesse, de 1955 à 1988.
Né en 1917 à Chadds Ford, en Pennsylvanie, Wyeth est un enfant fragile que ses parents retirent de l’école. Son seul maître est son père, N. C. Wyeth, illustrateur célèbre, qui lui transmet le goût du paysage rural américain ; il admire Winslow Homer, apprend la tempera à l’œuf et n’utilise guère l’huile. En 1937, sa première exposition d’aquarelles, à New York, se vend entièrement. En 1945, son père meurt dans un accident, sa voiture heurtée par un train : à partir de là, sa peinture prend un ton mélancolique qui ne la quittera plus.
Wyeth a peint toute sa vie les mêmes lieux et les mêmes gens : Chadds Ford, où il est né et mort, et Cushing, dans le Maine, où il passait l’été. Ses tableaux naissaient de promenades solitaires et de dizaines d’études au crayon ou à l’aquarelle. Il travaillait à la tempera, à l’aquarelle ou au pinceau sec, un pinceau dont on a exprimé l’eau. Ici, la mer et le temps qu’il fait dominent : Signal de tempête (1972), Le phare abandonné (1977), Niveau de la mer (1982), Barque à fond plat (1988).
À regarder de près : Lundi matin (1955), la plus ancienne, qui accompagne un poème d’Emily Dickinson, Femme — je serai au point du jourPuis Crépuscule (1978), confié au poème de Fernando Pessoa Il est des souffrances intimes, et Jumelles (1981), qui accompagne J’allais dans le verger de Francis Jammes.
Manque ici son tableau le plus célèbre, Christina’s World (1948), où une jeune femme handicapée, allongée dans un pré désert, fixe une maison à l’horizon ; on y trouve déjà l’attente et l’incertitude qui traversent ces toiles plus tardives. Wyeth, mort à Chadds Ford en 2009, a été à la fois l’un des peintres américains les plus populaires et l’un des plus discutés.



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Guillain Méjane



















