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Le Soldat-prêtre – Théodore Botrel

Le Soldat-prêtre – Théodore Botrel

Vicaire en temps de paix d’un gros bourg de Bretagne
Il fut nommé bientôt sergent, puis lieutenant.
L’œil vif, le cuir tanné par un an de campagne
Il est le plus aimé de nos chefs, maintenant.

Notre amitié pour lui cependant s’accompagne
D’un mystique respect, chez beaucoup surprenant :
Son ascendant moral sur ses Poilus y gagne
À l’heure du danger, sous le canon tonnant ;

Quand il crie : En avant ! sa main, d’un geste large,
Nous bénit, nous absout… et nous menons la charge
Plus gaiement d’avoir vu ce grand geste indulgent ;

D’autant mieux que la main tout à l’heure occupée
À nous bénir, brandit, à présent, une épée
Qui, tournoyante, a l’air d’un ostensoir d’argent !

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