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Parodie – Albert Giraud

Parodie – Albert Giraud

Tes yeux, tes chers yeux bleus étoilés d’or naïf,
Tes yeux aux longs reflets limpides, où furtif
Et si vague, parmi de pieuses pensées
Au rythme de ton cœur ingénu cadencées,
Parfois s’allume un feu follet malicieux,
Tes yeux, portes d’azur ouvertes sur les cieux,
M’évoquent, dans un clair et fervent paysage
Où du soleil récent fleurit le frais visage,
Une procession de vierges et d’enfants
Qui, tremblants, avec des regards de jeunes faons,
Et taciturnes sous la neige des malines,
Marchent dans un brouillard de lentes mousselines,
Et qui, sur l’argent rose et lilas du pavé,
Effeuillent le sommeil des lys et des avé,
Et ne s’avisent point, ces enfants et ces vierges,
Que derrière eux, soufflant sur les âmes des cierges,
Parodiant le culte avec des airs sournois,
Un petit singe au poil frisé, croqueur de noix,
Par gageure affublé de l’étole et de l’aube,
Soulève à gestes fins le luxe de leur robe.

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