
Roy Lichtenstein
Roy Lichtenstein décrivait lui-même son style comme « aussi artificiel que possible ». Des contours noirs, des couleurs franches, et surtout ces points de trame de style Benday, qu’il obtient grâce à une technique de masque de façon presque mécanique : on reconnaît sa manière au premier coup d’œil.
Né à Manhattan en 1923, il découvre l’art en dehors de l’école, dessine les musiciens de jazz à l’Apollo Theater de Harlem, étudie à l’université d’État de l’Ohio, sert dans l’armée en Europe pendant la guerre, puis enseigne pendant des années. Son travail oscille alors entre cubisme et expressionnisme. Tout bascule en 1961 : un de ses fils, feuilletant un album de Mickey, l’aurait mis au défi de peindre aussi bien que ça. Il en sort Look Mickey, puis les cases de bandes dessinées reprises en grand format, histoires d’amour ou de guerre, dont Whaam! (1963), sa toile la plus célèbre.
Ce mur ne montre rien de cette période des comics, et c’est ce qui le rend intéressant. Il commence en 1964 avec des paysages : Bord de mer (1964), Lever de soleil et Paysage lunaire (1965). Le sujet change, pas les moyens : les contours noirs et la trame, empruntés à la bande dessinée, restent le point commun de toute son œuvre. Sur le site, Lever de soleil accompagne Sur la route de Jack Kerouac, et Paysage lunaire Dans la nuit de Jean Métellus.
Viennent ensuite Tête moderne (1970) et Peinture moderne sur porcelaine (1971), puis trois natures mortes de 1972 : Raisins bleus, Nature morte aux poissons et à la balle de golf, Nature morte au gobelet de cristal et au citron. Regardez-les de près. C’est en 1972, précisément, que Lichtenstein entreprend ses Natures mortes, pour lesquelles il recourt pour la première fois à des bandes diagonales au lieu des points de trame. Un genre ancien est ainsi repris avec les moyens du pop art, avant la série des natures mortes cubistes en trompe-l’œil qu’il commence en 1973.
Lichtenstein n’a jamais prétendu transformer ses modèles. « Plus mon travail est fidèle à l’original, plus il est critique et lourd de sens », répondait-il aux critiques qui contestaient son originalité. Ces natures mortes, où l’on reconnaît à la fois la tradition et l’imprimé, en offrent une bonne illustration. Il meurt à New York en 1997, laissant quelque 4 500 œuvres.




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