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La treizième année – Maurice Magre

La treizième année – Maurice Magre

Un soir, j’ai rencontré la treizième année
Avec ses yeux trop peints de fillette damnée
Et sa robe trop courte et ses bas bien tendus…
L’ange bas et flétri des plaisirs défendus
Aguichait à présent les passants sur la place
Où jadis, dans le temps de sa précoce grâce,
Elle essayait sur moi ses lèvres et ses mains,
Le long du mur, au pied du bec de gaz éteint.
— Viens-tu? dit-elle en se cambrant et sur son torse
De fausse enfant tombaient ses seins lourds dans leur force.
— Nous avons trop vieilli. Tes mains ont des bijoux
Et mes cheveux sont gris… — Tu me plais malgré tout.
— La police pourrait passer. Petite fille
De quarante ans, je vois quelqu’un à cette grille
Qui regarde. — Il s’éloigne et l’endroit est désert.
— Je ne reconnais plus le mur. Il fait trop clair.
C’est l’ombre qui jadis te faisait jeune et belle…
— Le vent souffla le bec de gaz… — Tu vois, dit-elle…

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