
À Critias, pêcheur de baleines – Maurice du Plessys

Bon Critias, ta barque assidue aux Pléiades
Se jou’ de Neptune inégal.
Transfuge impatiente des rades
Oisives, ell’ cingle au Nord poissonneux : la Fortune
Souffle à ta poupe chasseresse et ores
Que t’envient, forçant la barrière du large.
Nos cœurs pusillanimes, los à toi, Critîas ! ta main paît
La troupe indocile des vagues !
La laine écumeuse, amie du foyer,
Ni le chanvre au rouet riche d’un fil bourru,
Ni la génisse dense aux nœuds du jonc caillée,
Ni le blé battu à la grange, ni la charrue,
Ni la biche aux crêtes périlleuses forcée,
Ne sont tes œuvres, ô Critias ! ta main rue
Le harpon rapide aux cétacés.
Et ni non plus, d’Iach perfide le triste vin,
L’hydromel, ô Critias ! ni des fruits le suc, ne sont tes vains
Breuvages. Eh ! de quell’s urnes, de quelles coupes,
Serait ta noble lèvre restaurée,
À toi, Critias, à toi qui bois comme une bonne outre
La bouche abondante de Borée !






















