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Arbre sans pied ni cime, aux branchages touffus – Jean Richepin

Arbre sans pied ni cime, aux branchages touffus – Jean Richepin

Arbre sans pied ni cime, aux branchages touffus
Que le vent du possible en tous sens échevèle,
Parterre en fleurs toujours de floraison nouvelle,
Matière, tu n’es pas ; tu seras et tu fus.

Aux caves du grand Tout sont d’innombrables fûts
D’où le vin sans tarir coule à pleine cuvelle.
Le Hasard, qui s’en soûle, y remplit sa cervelle
De rêves infinis infiniment diffus.

Que savons-nous de toi, monde, nous qui vécûmes
Dans une goutte d’eau d’une de tes écumes ?
Humbles, que voyons-nous de ta sublimité ?

Nous cherchons cependant une loi qui la gère,
Sans songer qu’une loi bornant l’illimité,
Éternelle pour nous, est pour lui passagère.

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