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James McNaught

Il y a des salles où le peintre entre précédé de sa légende. Celle-ci est d’une autre nature : de James McNaught, on sait seulement qu’il est un artiste britannique né en 1948. Pas de biographie à dérouler, pas d’école, pas de scandale. Restent les toiles, et les poèmes que le site leur a confiés. C’est peut-être la meilleure manière d’entrer ici : regarder d’abord, sans rien savoir.

Le mur est très resserré dans le temps. Toutes les toiles ont été peintes entre 1995 et 2001, en six ans à peine. Leurs titres forment un petit inventaire, sobre comme des étiquettes : des figures, Serveur (1995) et Le prêtre (1997) ; des lieux, Paris et Fondamenta (1998), Lagune (2000) ; un objet, Bateau (1997). Deux de ces titres sont italiens dans leur version d’origine, Fondamenta et Laguna, et ils dessinent, avec le bateau, un monde tourné vers l’eau.

Deux titres, enfin, parlent de son. La ville au son silencieux (1996) est la toile à regarder en premier : son titre est une contradiction, une ville qu’on entend se taire. Le site l’a rapprochée, entre autres, de La double Ambiguïté de Renée Vivien, ce qui tombe juste. À l’autre bout du mur, la dernière toile s’intitule Le cri (2001) ; impossible de ne pas penser au Cri de Munch, qui n’est évidemment pas accroché ici. Elle accompagne Ébauche d’un serpent de Paul Valéry. Entre le silence de 1996 et le cri de 2001, tout le mur tient dans cet écart.

Une fidélité à Éluard

Ce qui frappe le plus, dans cette salle, c’est une rencontre qui se répète. La plupart des toiles de McNaught accompagnent sur le site un poème de Paul Éluard : Elle est pour la ville silencieuse, Le jeu de construction pour le bateau, Entre autres et Jour de tout pour Fondamenta, Nul pour la lagune, Volontairement pour le cri. Paris se voit même confier un poème qu’Éluard a intitulé Max Ernst : un poème qui porte le nom d’un peintre, posé sur la toile d’un autre.

Autour d’Éluard, d’autres voix reviennent d’une toile à l’autre : Renée Vivien, Anna de Noailles, Remy de Gourmont, Edmond Rostand. Le prêtre, lui, reçoit les Oraisons mauvaises de Gourmont, rapprochement dont l’ironie n’échappera à personne. On peut parcourir ce mur comme un recueil : chaque toile y tient lieu de page, et les poèmes en sont le texte.

Serveur, James McNaught (1995)
Serveur1995AccompagneÀ cette terre, où l’on ploie – Victor Hugo · Élégie orientale. Salut, dieux de l’Euxin – André Chénier · Enfin je n’aime plus ma maîtresse, c’est elle – Maurice Vaucaire
Voir les autresFleurs – Raoul Ponchon · Joujoux – Edmond Rostand · L'ame de la ville – Émile Verhaeren · L'etrenne du poète – Théophile Gautier · La neige – Remy de Gourmont · Le hasard et les jours passent d’un pied rapide – Anna de Noailles · Le marchand de coco – Jean Richepin · Le mardi-gras, ayant pu voir – Théodore de Banville · Le portrait – Marie Krysinska · Les Vestales – Armand Silvestre · Philis, quand le vôtre fleurit – Théodore de Banville · Seul se révèle aussi grossier – Francis Jammes · Sultan Mourad – Victor Hugo
La ville au son silencieux, James McNaught (1996)
La ville au son silencieux1996Titre original : City of silent soundAccompagneAprès le Bal – Théophile Gautier · Elle est – Paul Éluard · Glas – Renée Vivien
Voir les autresGuitare – Victor Hugo · Insatiablement – Émile Verhaeren · Je vivais. Mon regard, comme un peuple – Anna de Noailles · L’Abbaye – Louis Bouilhet · La double Ambiguïté – Renée Vivien · Le Pivert – Maurice Rollinat · Le verger – Remy de Gourmont · Mansouria – Lucie Delarue-Mardrus · Myrtis – Renée Vivien · Parade – Jean Lorrain · Première messe – Louis Fréchette · Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France - Blaise Cendrars · Sur la montagne, à découvert – Jacques Normand · Voilà que fleurit – Jean Richepin
Bateau, James McNaught (1997)
Bateau1997Titre original : BoatAccompagneAfterglow – Renée Vivien · Allez boire, pauvres ivrognes – Raoul Ponchon · Amoureux – Aristide Bruant
Voir les autresAu revoir – Marceline Desbordes-Valmore · Depuis qu’Amour cruel empoisonna… – Louise Labé · Fiat voluntas – Victor Hugo · In Extremis – Léon Dierx · Intérieur – Renée Vivien · La terre – Victor Hugo · Le jeu de construction – Paul Éluard · Le mendiant fleuri – Edmond Rostand · Perplexité – Théophile Gautier · Perspicace douceur… – Anna de Noailles · Poème iii – Joachim Du Bellay · Pointus comme un paratonnerre – Théodore de Banville · Promenades - André Frédérique · Romance sans paroles – Charles Le Goffic
Le prêtre, James McNaught (1997)
Le prêtre1997Titre original : The priestAccompagneÀ Louis B. – Victor Hugo · Allegri – Auguste Barbier · Berceuse – Remy de Gourmont
Voir les autresElle est gravement gaie – Francis Jammes · Honneurs - André Frédérique · Il ne suffit de boire – Pierre de Ronsard · Le Baiser – Stuart Merrill · Le printemps me plaît – Jean Aicard · Manger – Paul Éluard · O les cavales hennissant – Jean Moréas · Oraisons mauvaises – Remy de Gourmont · Quatorzième vision – Alphonse de Lamartine · Requeste aux excellens et puissans en noblesse – Charles d’Orléans · Tousjours pour mon sujet – Pierre de Ronsard · Vers le vague horizon fragile – Jacques d’Adelswärd-Fersen · Verset du Koran – Victor Hugo
Fondamenta, James McNaught (1998)
Fondamenta1998Accompagne15 Février 1843 – Victor Hugo · À un solitaire – Auguste Lacaussade · Complainte d’un certain Dimanche – Jules Laforgue
Voir les autresDébutant – Jean Lorrain · Élégie dix-septième – André Chénier · Entre autres – Paul Éluard · Faust. – Théophile Gautier · Jour de tout – Paul Éluard · Le cri des hirondelles – Anna de Noailles · Mai de moins de roses – André Chénier · Mais ne m’a-t-elle pas juré – André Chénier · Mille chemins, un seul but – Victor Hugo · Soir – Marie Krysinska · Voilà longtemps, longtemps, longtemps – Jacques Normand · Yeux qui versez en l’ame – Pierre de Ronsard
Paris, James McNaught (1998)
Paris1998AccompagneÀ Iris (stances) – Isaac de Benserade · Aspiration – Albert Lozeau · Avant-dernier mot – Jules Laforgue
Voir les autresC'est le sifflet dont je me sers – Guillaume Apollinaire · Contraste – Sully Prudhomme · Élégie – Henri de Régnier · J’aime fort ta légende, ô bon André Sarto – Auguste Barbier · L'image d'homme – Paul Éluard · Le deuxième sphinx. – Victor Hugo · Le roi jaloux – Victor Hugo · Le Rossignol – Théodore de Banville · Max Ernst (2) – Paul Éluard · Poème 212 – Pierre de Ronsard · Quand vous vous assemblez … – Victor Hugo · Question sociale – Victor Hugo · Traces - Tomas Tranströmer
Lagune, James McNaught (2000)
Lagune2000Titre original : LagunaAccompagneÀ la muse – Théodore de Banville · Cet homme était assis au bord de la rivière – Louisa Siefert · Chant vii – Jean Aicard
Voir les autresIdylle – Germain Nouveau · L’Adieu de la fiancée – André Van Hasselt · L’Échafaud – Victor Hugo · La croix – Jean Aicard · Le souvenir vague ou les parenthèses – Edmond Rostand · Mets donc le nez dans un livre – Jean Richepin · Mon paradis – Renée Vivien · Nul – Paul Éluard · Ouvre ton cœur – Albert Lozeau · Pour oublier la morne houle… – Anna de Noailles · Tristesse d’Olympio – Victor Hugo · Variations d’automne sur l’orgue de Barbarie – Jean Richepin
Le cri, James McNaught (2001)
Le cri2001Titre original : The screamAccompagneÀ M. le d. de *** – Victor Hugo · Ballade du rôdeur des champs – Jean Richepin · Ce Monde-ci et l’autre – Théophile Gautier
Voir les autresDans les instants où je dors – Anna de Noailles · Ébauche d’un serpent – Paul Valéry · Ha que cet œil est beau, je meurs quand je l’admire – François Béroalde de Verville · Je parerai tes bras de bracelets – Gustave Kahn · Lassitude – Émile Verhaeren · Le Bœuf – Guillaume Apollinaire · Les pédérastes n’ont aucune – Théodore Hannon · Les prières s’en vont au ciel comme des fleurs – Francis Jammes · Moschus – Victor Hugo · Mycènes - Georges Séféris · Va-t’en, tu n’es qu’un chien, si tu fais ton régal – Jean Richepin · Vois. Un ciel cuivré d’automne – Charles Le Goffic · Volontairement – Paul Éluard · Welf, Castellan d’Osbor – Victor Hugo

Guillain Méjane