
Le deuxième sphinx. – Victor Hugo

Si grands que soient les rois, les pharaons, les mages
Qu’entoure une nuée éternelle d’hommages,
Personne n’est plus haut que Téglath-Phalasar.
Comme Dieu même, à qui l’étoile sert de char,
Il a son temple avec un prophète pour prêtre;
Ses yeux semblent de pourpre, étant les yeux du maître;
Tout tremble; et, sous son joug redouté, le héros
Tient les peuples courbés ainsi que des taureaux;
Pour les villes d’Assur que son pas met en cendre,
Il est ce que sera pour l’Asie Alexandre,
Il est ce que sera pour l’Europe Attila;
Il triomphe, il rayonne; et, pendant ce temps-là,
Sans savoir qu’à ses pieds toute la terre tombe,
Pour le mur qui sera la cloison de sa tombe,
Des potiers font sécher de la brique au soleil.























