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Tamara de Lempicka

Au Salon d’automne de 1923, une toile représentant deux femmes nues dans une pose intime fait sensation. Elle est signée « Lempitzky », et tout le monde croit avoir affaire à un homme. Il faut attendre 1925 et une première exposition personnelle à Milan pour que l’on découvre la jeune femme derrière la signature, et que la carrière de Tamara de Lempicka prenne son envol.

Née à Varsovie, élevée entre Saint-Pétersbourg, Varsovie et Lausanne, mariée en 1916 à un avocat polonais, elle fuit la révolution d’Octobre et gagne Paris, où il faut vivre : son mari refuse de travailler, elle se met à peindre. Elle suit en 1920 les cours de Maurice Denis puis d’André Lhote, et forge un style qui mêle le maniérisme de la Renaissance au néo-cubisme : modelé accentué, couleurs vives dans une gamme restreinte, fonds gris ou noirs, cadrage serré emprunté au cinéma. C’est exactement l’Art déco de son temps, et ce mur, qui couvre les années 1922 à 1941, en montre les deux faces.

D’un côté, les figures. Le baiser (1922) précède la gloire ; le Portrait du marquis d’Afflitto (1925) est de l’année milanaise ; L’écharpe bleue et Le turban vert (1930) appartiennent à sa meilleure période, qu’on situe entre 1925 et 1935. Ses modèles sont alors ceux du Paris mondain qu’elle fréquente, et qu’elle reçoit à partir de 1929 dans sa maison-atelier de la rue Méchain, conçue par Robert Mallet-Stevens. Le Portrait de Marjorie Ferry (1932), resté en collection privée, en est un bel exemple. Sur le site, L’écharpe bleue accompagne un texte de Jean-Michel Maulpoix au titre fait pour elle : Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu.

De l’autre, une part moins connue : les natures mortes. Nature morte au chou et Bouteille et chou-fleur (1931), Nature morte aux mandarines (1934), puis Nature morte au lys et au drapé gris (1941) : elle vit alors aux États-Unis, où elle s’est installée en 1939 pour fuir la guerre, et natures mortes et têtes de jeunes filles dominent désormais son travail. Entre les deux, New York (1933) fait écho à son premier voyage outre-Atlantique, en 1928, où elle avait peint des études de gratte-ciel. Port sous la lune (1924), seul paysage nocturne de la salle, est une curiosité à regarder de près.

Il manque ici l’Autoportrait à la Bugatti verte et les grands nus. Après la guerre, son œuvre tombe dans l’oubli ; il faut la redécouverte de l’Art déco, dans les années 1970, pour que son nom ressurgisse. Elle meurt en 1980 à Cuernavaca, au Mexique, et ses cendres sont dispersées sur le Popocatepetl.

Le baiser, Tamara de Lempicka (1922)
Le baiser1922Titre original : The kissAccompagneCarte postale (La Tête étoilée) – Guillaume Apollinaire · La grande Irma - Jehan Rictus
Port sous la lune, Tamara de Lempicka (1924)
Port sous la lune1924AccompagneÀ l’Académie des Jeux floraux – Victor Hugo · En tournées à travers les Etats - Walt Whitman · L’huître – Albert Mérat
Voir les autresRéponse à un Poète Breton – Louis Tiercelin
Portrait du marquis d'Afflitto, Tamara de Lempicka (1925)
Portrait du marquis d'Afflitto1925AccompagneEros - Louise Glück · Le canotier - Emmanuel Bove
L'écharpe bleue, Tamara de Lempicka (1930)
L'écharpe bleue1930AccompagneAvec l'usure - Ezra Pound · Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu - Jean-Michel Maulpoix
Le turban vert, Tamara de Lempicka (1930)
Le turban vert1930AccompagneJe t'aime - Paul Eluard · Olympia - Scylla
Bouteille et chou-fleur, Tamara de Lempicka (1931)
Bouteille et chou-fleur1931Titre original : Bottle and cauliflowerAccompagneNe retenez rien de moi - Guillain Méjane · Premier dernier amour - Jean Tardieu
Nature morte au chou, Tamara de Lempicka (1931)
Nature morte au chou1931AccompagneArtémis – Valère Gille · Fuite de Centaures – José-Maria de Heredia · Rêve triangulaire - Fernando Pessoa
Portrait de Marjorie Ferry, Tamara de Lempicka (1932)
Portrait de Marjorie Ferry1932AccompagneHenri Deberly — Un prix Goncourt qu'on a entièrement oublié · Il me faudrait une autre main - Guillain Méjane · Mae Murray - Jacques Rigaut
New York, Tamara de Lempicka (1933)
New York1933AccompagneÀ M. le d. d’O. – Victor Hugo · Ballade sur les hôtes mystérieux de la Forêt – Théodore de Banville · Crépuscule – Guillaume Apollinaire
Voir les autresDéjeuner de soleil – Edmond Rostand · L’Action – Émile Verhaeren · L’Antiquaire – Georges Rodenbach · La sœur de charité – Victor Hugo · La Toison d’or – Théodore de Banville · Le verger de cyprès - Marguerite Yourcenar · LXXVIII. J’ai tant souffert, je souffre tant – Anna de Noailles · Mes yeux t’écoutent… – Anna de Noailles · Narkis – Jacques d’Adelswärd-Fersen · Ouvriers – Arthur Rimbaud · Poème 172 – Pierre de Ronsard · Silence – Arthur Rimbaud · Vingt-quatre ans - Dylan Thomas · Ψυχή. – Jean Aicard
Nature morte aux mandarines, Tamara de Lempicka (1934)
Nature morte aux mandarines1934AccompagneC’était un bon copain - Robert Desnos · Le vent bleu de la nuit - Guillain Méjane
Nature morte au lys et au drapé gris, Tamara de Lempicka (1941)
Nature morte au lys et au drapé gris1941AccompagneAu hasard – Paul Éluard · Ciel des Indes occidentales – Daniel Thaly · Cythère – Théodore de Banville
Voir les autresFigures - Jules Supervielle · Fin de nuit – Auguste Gilbert de Voisins · Hors la douleur, l’amour ne donne pas grand’chose – Maurice Vaucaire · Indifférence – Auguste Gilbert de Voisins · Je rentre – Lucie Delarue-Mardrus · L'orpheline du boulevard – Marceline Desbordes-Valmore · L’adolescente fait murmurer sa fenêtre – Francis Jammes · La Cité Rouge – Stuart Merrill · La Conscience – Anna de Noailles · Le Plébiscite – Paul Avenel · Le voyage – Daniel Lesueur · Les Chauves-souris – Maurice Rollinat · Les Larmes de la vigne – Louis Bouilhet · Lettre de M. Émile Deschamps – Charles Baudelaire · Livre VI/IX. Au peuple – Victor Hugo · Lux – Henri de Régnier · Malade je couchois sur la chambre devant – Jean-Baptiste Chassignet · Serais-tu seul ? – Marceline Desbordes-Valmore · Sur la cote – Émile Verhaeren · Voile impatiente – Renée Vivien

Guillain Méjane