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Sur la cote – Émile Verhaeren

Nature morte au lys et au drapé gris, Tamara de Lempicka (1941)

Tableau : Nature morte au lys et au drapé gris, Tamara de Lempicka, 1941

Un vent rude soufflait par les azurs cendrés,
Quand du côté de l’aube, ouverte à l’avalanche,
L’horizon s’ébranla dans une charge blanche
Et dans un galop fou de nuages cabrés.

Le jour entier, jour clair, jour sans pluie et sans brume,
Les crins sautants, les flancs dorés, la croupe en feu,
Ils ruèrent leur course à travers l’éther bleu,
Dans un envolement d’argent pâle et d’écume.

Et leur élan grandit encor, lorsque le soir,
Coupant l’espace entier de son grand geste noir,
Les poussa vers la mer, où criaient les rafales.

Et que l’ample soleil de Juin, tombé de haut,
Se débattit, sanglant, sous leur farouche assaut,
Comme un rouge étalon dans un rut de cavales.

(1884-85)

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