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Henri Deberly — Un prix Goncourt qu’on a entièrement oublié

Henri Deberly — Un prix Goncourt qu’on a entièrement oublié

1882 — 1947

Tu m’as dit : « Puisque las à tout jamais des villes
Il te plaît de quitter ce décevant Paris,
Emmène-moi : là-bas, quand je t’aurai repris,
Nous vivrons, mon amour, meilleurs et plus tranquilles. »

La Servante

En 1926, le prix Goncourt est décerné au Supplice de Phèdre, d’Henri Deberly. Il est aujourd’hui l’un des lauréats les plus complètement disparus de l’histoire du prix.

Avant les romans, il avait écrit des vers, et ce sont eux qui sont ici.

Une poésie de la vie tenue

Lisez les titres : « La Digne Attente », « La Meilleure Part », « Le Bonheur prudent », « Méditation égoïste », « Conseil à l’amour », « L’Homme isolé », « Parva domus ».

C’est un vocabulaire de sagesse bourgeoise, et l’on s’attend au pire. Or ce qu’il fait avec est intéressant : il examine méthodiquement les arrangements par lesquels on se contente de peu, et il ne conclut jamais qu’il a raison.

Parva domus, magna quies — petite maison, grand repos. Le proverbe latin est le programme, et le livre entier consiste à se demander si l’on y croit.

Le romancier

Ce qu’il a fait ensuite en prose éclaire ces vers. Ses romans — Le Supplice de Phèdre, L’Impudente, Les Amants concubins — sont des études de couple, patientes, dures, sans une once de romanesque.

Il appartient à cette lignée française qui va de Constant à Mauriac : le roman comme instrument d’analyse, où l’on regarde deux personnes s’user.

1947

Il a continué d’écrire jusqu’à sa mort, sans jamais retrouver l’attention de 1926. On ne le réédite pas.

« Après moi », « Autre portrait », « Portrait d’ancêtre » : les titres de la fin ont pris un sens qu’il ne leur donnait pas.

Choix de textes

Pour le lire

Le Supplice de Phèdre (1926) — prix Goncourt.

L’Impudente · Les Amants concubins — le roman comme instrument d’analyse, de Constant à Mauriac.

Ses vers ne sont pas réédités.

Guillain Méjane

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