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Poème 172 – Pierre de Ronsard

Poème 172 – Pierre de Ronsard

Dedans le lit ou mal sain je repose,
Presque en langueur Madame trespassa
Au mois de Juin, quand la fievre effaça
Son teint d’œillets, & ses levres de rose.

Une vapeur avec sa fievre éclose,
Entre les dras son venin delaissa,
Qui par destin, diverse, me blessa
D’une autre fievre en mes veines enclose.

L’un apres l’autre elle avoit froid & chaut :
Ne l’un, ne l’autre a mon mal ne deffaut :
Et quand l’un croit l’autre ne diminüe :
L’âpre tourment toujours ne la tentoit,
De deus jours l’un sa fievre s’alentoit,
Las, mais la mienne est toujours continüe.

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