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L’huître – Albert Mérat

Port sous la lune, Tamara de Lempicka (1924)

Tableau : Port sous la lune, Tamara de Lempicka, 1924

Je ne vois pas tes yeux, mais je vois ton sourire.
Tout ton être respire un grand air de bonté.
À te sentir si fraîche en ta calme beauté,
Chavette ému tressaille, et Monselet soupire.

Ta rondeur savoureuse aux poètes inspire
Des rêves d’embonpoint et de satiété…
L’abbé hâte pour toi son benedicite.
On peut te manger crue, ou bien te faire frire.

La plupart des gourmets te gobent, simplement ;
Pour d’autres, il vaut mieux te mâcher doucement.
Beaucoup à t’épicer ressentent de la joie.

Tout embaumée encor d’algue et de goëmons,
Paris te sollicite, et Cancale t’envoie,
Ô toi qui fais aimer, ô toi que nous aimons !

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