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Max Ernst

En 1925, Max Ernst pose une feuille sur un plancher et y laisse courir une mine de crayon. Les reliefs du parquet font surgir des figures plus ou moins imaginaires : c’est le « frottage », qui s’apparente à l’écriture automatique des poètes surréalistes. L’année suivante, avec Joan Miró, il met au point le « grattage » du pigment directement sur la toile. Tout Ernst est là : un inventeur de procédés qui laisse la matière lui souffler ses images.

Né en 1891 à Brühl, fils d’un peintre, il abandonne la philosophie pour l’art, sert dans l’artillerie allemande pendant la Première Guerre mondiale, puis anime le groupe Dada de Cologne, dont l’exposition de 1920 est fermée par la police. L’enthousiasme d’André Breton et de Paul Éluard pour sa première exposition parisienne, en 1921, le décide à s’installer l’année suivante à Montparnasse, chez les Éluard.

Ce mur commence en 1926, l’année du grattage, avec Éloge de la liberté et La mer et le soleil. Suivent des toiles aux titres de poème : Certains animaux sont illettrés et Le silence à travers les âges (1929), Rêve de Paris (1931), La cité pétrifiée (1933). C’est aussi le temps des romans-collages, La Femme 100 têtes en 1929, Une semaine de bonté en 1934, qu’on ne verra pas ici, pas plus que les premiers chefs-d’œuvre dada, L’Éléphant de Célèbes ou Ubu Imperator. En 1938, Ernst quitte le groupe, refusant de se plier aux injonctions de Breton.

La guerre le rattrape en Ardèche, où il vit avec Leonora Carrington : interné en 1939 au camp des Milles comme « étranger ennemi », il gagne les États-Unis en 1941 avec Peggy Guggenheim. Épiphanie (1940) date de ces mois-là. À New York, il expérimente le dripping, en laissant couler la peinture d’un récipient troué, procédé que Pollock adoptera plus tard. Puis il épouse Dorothea Tanning en 1946 et s’installe avec elle à Sedona, en Arizona. Les Phases de la nuit sont de cette année-là ; sur le site, elles accompagnent Violoncelle, ô voix humaine transformée d’Achille Segard. En 1948, un Portrait de Joan Miró salue le vieux complice du grattage.

Revenu en Europe, naturalisé français en 1958, Ernst poursuit jusqu’à la fin des années 1960 une peinture qui ne s’assagit pas : Le bijoutier du ciel (1954), Les Dieux obscurs (1957), Haut et bas (1959), Ci meurent les cardinaux (1962), Nocturne (1967). Arrêtez-vous sur la dernière toile du mur, Enseigne pour une école de monstres (1968) : à soixante-dix-sept ans, le vieux dadaïste n’a rien perdu de son goût pour les titres qui déroutent. Sur le site, Ci meurent les cardinaux croise Big Sur de Jack Kerouac. Ernst meurt à Paris, rue de Lille, en 1976.

La mer et le soleil, Max Ernst (1926)
La mer et le soleil1926AccompagneA Lance Henson - Alain Jégou · Adieu, la mort m'appelle - Henri Fertet · Cadence de l'univers - Andrée Chedid
Voir les autresJacques d'Adelswärd-Fersen — L'exilé de Capri
Éloge de la liberté, Max Ernst (1926)
Éloge de la liberté1926AccompagneAdieux et réponses – Auguste Lacaussade · Apollon à portes ouvertes – Stéphane Mallarmé · Jeune fille, la grâce emplit tes dix-sept ans – Victor Hugo
Voir les autresL’infini miracle – Jean Aicard · La cité de Dieu - Saint Augustin d'Hippone · La Laveuse – Maurice Rollinat · La poésie – André Chénier · Le petit Témoin – Maurice Rollinat · Les dernières paroles du livre de Jean – Jean Aicard · Les petiots – Jean Richepin · Non, garde ta science et ton agiotage – Joseph Autran · Puis qu’elle est toute hyver – Pierre de Ronsard
Certains animaux sont illettrés, Max Ernst (1929)
Certains animaux sont illettrés1929Titre original : Some animals are illiterateAccompagneParle-moi ; nous allons ensemble – Alice Véga
Le silence à travers les âges, Max Ernst (1929)
Le silence à travers les âges1929AccompagneJ'ai mis fin à mes jours - Jim Harrison · Je flottais dans l'immense - Guillain Méjane
Rêve de Paris, Max Ernst (1931)
Rêve de Paris1931Titre original : Paris dreamAccompagneComme en ces jours où monte l’orage - Fernando Pessoa · Idylle – André de Guerne · Le Vent nocturne – Guillaume Apollinaire
La cité pétrifiée, Max Ernst (1933)
La cité pétrifiée1933AccompagneAprès une récitation de Dante – José-Maria de Heredia · Au loin – Émile Verhaeren · Ce qu’on entend sur la montagne – Victor Hugo
Voir les autresComme le Fauconnier ne peut aucunement – Jean-Baptiste Chassignet · Dans la haute campagne – Daniel Thaly · Échos d'amour – Daniel Lesueur · Épilogue symbolique – Achille Segard · Épitaphe pour un lièvre – Jean Richepin · Fraîcheur – Albert Lozeau · L’enfant devant la glace s’étonne – Rainer Maria Rilke · La Forêt – Théodore de Banville · La ménagerie amoureuse – Franc-Nohain · Les Morts Aveugles – Renée Vivien · Les nuits d’été – Anna de Noailles · Libération – Anna de Noailles · On te mit à côté de moi – Cécile Sauvage · Pour Anatole France – Anna de Noailles · Préface d’un album destiné à une vente de charité – Sully Prudhomme · Printemps – Marie Krysinska · Sonate – Marie Krysinska · Voisinage – Auguste Gilbert de Voisins
Épiphanie, Max Ernst (1940)
Épiphanie1940Titre original : EpiphanyAccompagneAmour-Hôtel – Max Waller · Le jeune malade - André Chénier · Philosophie – Alphonse de Lamartine
Les Phases de la nuit, Max Ernst (1946)
Les Phases de la nuit1946Titre original : The phases of the nightAccompagneAmours fous – Jean Richepin · Chloris – Paul Verlaine · Homme, pourquoi nier ce que tu ne vois point – Victor Hugo
Voir les autresLa complainte de l’hopital – Maurice Magre · Le Ruban – Marceline Desbordes-Valmore · Les conseillers probes et libres – Victor Hugo · Les jours ont fui – Anna de Noailles · Moi - Edith Södergran · Reste ici, Pardalis – André Chénier · Souffre un moment encor – André Chénier · Violoncelle, ô voix humaine transformée – Achille Segard
Portrait de Joan Miró, Max Ernst (1948)
Portrait de Joan Miró1948AccompagneIls frappent et entrent - Guillain Méjane · Rencontre - Emmanuel Bove
Le bijoutier du ciel, Max Ernst (1954)
Le bijoutier du ciel1954AccompagneÉpigramme (À une altesse) – Alexandre Macédonski
Les Dieux obscurs, Max Ernst (1957)
Les Dieux obscurs1957Titre original : The obscure godsAccompagneConduite de l’homme vis-à-vis de la société – Victor Hugo · Je t’avois despitee – Pierre de Ronsard · L’air brûle, la chaude magie – Anna de Noailles
Voir les autresLa noble nuit est… – Anna de Noailles · La Vache au taureau – Maurice Rollinat · Le Distrait – Maurice Rollinat · Le Jardin – Albert Mérat · Le vent - Jean-Joseph Rabearivelo · Les Trois Cents – Victor Hugo · Maria – Théophile Gautier · Santander – Daniel Thaly
Haut et bas, Max Ernst (1959)
Haut et bas1959AccompagneLa taille de mon âme - Daniel Darc
Ci meurent les cardinaux, Max Ernst (1962)
Ci meurent les cardinaux1962AccompagneBig Sur - Jack Kerouac · Sœur de Phébus charmante - Jean Moréas
Rose de Noël, Max Ernst (1965)
Rose de Noël1965AccompagneAux prêtres – Victor Hugo · Le prolétaire – Jean Canora · Traité de la science des finances - Paul Leroy-Beaulieu
Nocturne, Max Ernst (1967)
Nocturne1967Accompagne2XGM - Fauve · La lune jaune - Henri de Régnier
Enseigne pour une école de monstres, Max Ernst (1968)
Enseigne pour une école de monstres1968Titre original : Sign for a school of monstersAccompagneChanson persane – Remy de Gourmont · Chez arthénice – Edmond Rostand · Cible – Renée Vivien
Voir les autresIl pleure dans mon cœur – Paul Verlaine · J’ay honte de ma honte – Pierre de Ronsard · La Douleur – Marceline Desbordes-Valmore · La Soupe à l’oignon – Raoul Ponchon · Le bleu – Victor Hugo · Le Dialogue sans fin – Stuart Merrill · Le Père Pierre – Maurice Rollinat · Le Revenant – Charles Baudelaire · Les Deux Bouleaux – Maurice Rollinat · Les quat’ pattes – Aristide Bruant · Nous et la terre - Lucian Blaga · Pardon, Métaphysique, oh ! pardon – Jean Richepin · Parisienne – Jean Lorrain · Quand ce soir tu t’endormiras – Anna de Noailles

Guillain Méjane