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Charles Guilloux

Le jour, Charles Guilloux travaillait à la Bibliothèque nationale. Le reste du temps, il peignait des soirs. Ce Parisien né en 1866, venu à la peinture en autodidacte, a guetté l’heure où la lumière s’en va, et c’est elle qu’on retrouve sur presque tout ce petit mur : un crépuscule, des nuits, des clairs de lune, peints entre 1892 et 1901.

Il n’a pas manqué d’admirateurs de son vivant. Des critiques comme Gabriel-Albert Aurier, Félix Fénéon ou Remy de Gourmont le rattachent au symbolisme ; à partir de 1891, ses toiles sont bien accueillies aux expositions de la Société des artistes indépendants, puis aux expositions « Impressionnistes et Symbolistes » du Barc de Boutteville. Très vite, ses titres deviennent plus elliptiques, parfois teintés de musique – il peint un Scherzo lunaire en 1894, aujourd’hui perdu de vue –, et le lieu d’origine de ses paysages devient de moins en moins reconnaissable. C’est bien ce qu’on observe ici : Crépuscule, Paysage nocturne, Clair de lune, Paysage. Aucun nom de lieu, aucune figure dans les titres ; il ne reste que l’heure et la lumière.

Commencez par Crépuscule (1892), la plus ancienne toile du mur. Elle porte le titre et la date du Crépuscule que le musée d’Orsay a acquis en 2007, en même temps que des Bords de Seine au crépuscule de 1894. Passez ensuite au Paysage nocturne (1894) : sur le site, il accompagne La lune est stérile de Jules Laforgue, rencontre qui va de soi entre deux amoureux de la lune. Le Clair de lune de 1895, lui, voisine avec Le Loup et l’Agneau de La Fontaine, ce qui ne manque pas de sel.

La toile la plus tardive, Lever de lune sur un canal (1901), est aussi celle qui dit le mieux sa manière. Un tableau de ce titre, conservé à Moulins au musée Anne-de-Beaujeu, est cité parmi les œuvres où se retrouvent la structuration de l’espace et l’exacerbation des formes et des couleurs qu’André Mellerio commentait en 1896 dans Le Mouvement idéaliste en peinture. Un canal, une lune qui se lève : le sujet tient en quelques mots, et Guilloux n’a pas besoin de davantage.

Il expose encore au Salon de la Société nationale des beaux-arts en 1905, puis aux Indépendants de 1911 à 1914. Il meurt à Lormes en 1946, et l’oubli le recouvre longtemps. Il faut attendre l’exposition Les Peintres de l’âme. Le symbolisme idéaliste en France, à Bruxelles en 1999, pour qu’on le redécouvre.

Crépuscule, Charles Guilloux (1892)
Crépuscule1892AccompagneÀ Colombine – Albert Giraud · À Léon Cladel – Paul Verlaine · Atthis délaissée – Renée Vivien
Voir les autresAu salon, l’autre soir, chez la vieille marquise – Jacques Normand · Ballade LII – Charles d’Orléans · Bercement pour ma Sieste – Lucie Delarue-Mardrus · Campo Santo – Edmond Haraucourt · De la glace pour les aigles - Charles Bukowski · Des délégations attendent M. Félix Faure à la gare – Franc-Nohain · Deux voix – Daniel Lesueur · Elle a voulu mourir – Marceline Desbordes-Valmore · En l'ordre de mariage – Charles d’Orléans · Fauves las – Maurice Maeterlinck · Giorgione – Auguste Barbier · Jésus aux oiseaux – Marie Krysinska · L’Héritier de Yang-ti – Louis Bouilhet · Le dialogue de la prière - Dylan Thomas · Le Japon – Camille Saint-Saëns · Le miroir ovale – Maurice Magre · Le Palais du tonnerre – Guillaume Apollinaire · Le Renard qui prêche – Jean-Pierre Claris de Florian · Les Commissions mixtes – Victor Hugo · Magnitudo parvi – Victor Hugo · Ode – Jean Moréas · Pareilles – Renée Vivien · Persilleuses, au bois ! Cupidon ! Cupidon – Henri Beauclair · Royauté – Arthur Rimbaud · Tableau de sainteté – Charles Cros · Un Ruisseau de la Scarpe – Marceline Desbordes-Valmore · Vers le Nord – Renée Vivien
Paysage nocturne, Charles Guilloux (1894)
Paysage nocturne1894Accompagne14 Juillet 1919 – Anna de Noailles · Améthyste – Albert Samain · Ave Maria – Lucie Delarue-Mardrus
Voir les autresCur sit iratus marito faustinæ – Joachim Du Bellay · Don Ruy le subtil – Victor Hugo · J’avois juré tes yeux, ingrate desdaigneuse – François Béroalde de Verville · L'ami – Paul Éluard · La lune est stérile – Jules Laforgue · La Mariée – Maurice Rollinat · Musique d’ensemble – Franc-Nohain · Repose sans bouger, dors apaisé - Dylan Thomas · S’il est quelque autre chose au monde… – Anna de Noailles · Sur un banc - Guillain Méjane · Un déjeuner champêtre – Maurice Rollinat
Clair de lune, Charles Guilloux (1895)
Clair de lune1895AccompagneÀ la mer – Stuart Merrill · À Louis et Jean Jullien – Paul Verlaine · À Louis Fréchette – Albert Lozeau
Voir les autresÀ M. R. de la b*** – Camille Saint-Saëns · Brosseur de lune – Albert Giraud · Ces moires dont Zéphire incline la prairie – Paul-Jean Toulet · Cimetière Montparnasse – Daniel Thaly · D’où viennent ces clameurs, ces sauvages transports ? — – Auguste Barbier · De vostre beaulté regarder – Charles d’Orléans · Écrivez-moi – Marceline Desbordes-Valmore · Éventail – Stéphane Mallarmé · Gémissement – Lucie Delarue-Mardrus · Il a au jour d'ui un mois – Christine de Pisan · Inviolata – Théodore de Banville · J'ai tant voulu partir - Dylan Thomas · L'ame seule – Pierre Quillard · La Bacchante – Pierre-Jean de Béranger · La Charité – Théodore Weustenraad · La servante – Francis Jammes · Le coup du loup. – Louis-Ange Pitou · Le laurier du Généralife – Théophile Gautier · Le Loup et l’Agneau – Jean de La Fontaine · Le printemps éternel – Anna de Noailles · Le Sommeil de Canope – Albert Samain · Le Te Deum du 1er janvier 1852 – Victor Hugo · Les nuages légers comme une laine grise – Tristan Derème · Les scaliger – Henri de Régnier · Minuit – Paul Verlaine · Nocturne – Albert Samain · Pasiphaë – Edmond Haraucourt · Plustost cent hommes sains cherront en apostume – Jean-Baptiste Chassignet · Smala – Germain Nouveau · Sonnet (III) – Charles Cros · Sonnet orgueilleux – Jean Richepin
Paysage, Charles Guilloux (1899)
Paysage1899AccompagneDans son bain de vapeur, le riche salopard pleurait - Charles Bukowski · Maurice Maeterlinck — Le prix Nobel qu'on ne lit plus, et qui avait tout inventé · Mon âme est une infante – Albert Samain
Lever de lune sur un canal, Charles Guilloux (1901)
Lever de lune sur un canal1901AccompagneÀ Béranger – Xavier Forneret · À E… – Paul Verlaine · À Philis – Raoul Ponchon
Voir les autresÀ Philoxène Boyer – Théodore de Banville · Alons nous esbatre – Charles d’Orléans · Ballade XVII – Charles d’Orléans · Ce que le poète se disait en 1848 – Victor Hugo · Eau bénite – Théodore Hannon · Galatée et Pygmalion – Charles Cros · Hier au soir, laissant ma tête – Jacques Normand · Intimité – Jean Moréas · L’Amour de l’Amour – Germain Nouveau · L’Inquiétude des Momies – Armand Silvestre · La Jolie Rousse – Guillaume Apollinaire · La rencontre du squelette – Maurice Magre · La souffrance de Thisbé – Auguste Gilbert de Voisins · La Source – Leconte de Lisle · La vache – Émile Verhaeren · La Vanité – Maurice Rollinat · Le nain et le cochon sous le crâne du poète – Georges Fourest · Le Vagabond – Stuart Merrill · Le Vieillard et ses Enfants – Jean de La Fontaine · Les Fables de La Fontaine – Raoul Ponchon · Les premières où l’on a droit – Théodore de Banville · Ma Nacelle – Pierre-Jean de Béranger · Madrigal triste – Charles Baudelaire · Malheur à moi ! – Marceline Desbordes-Valmore · Préceptes adressés aux jeunes gens qui désirent remplir… – Christine de Pisan · Tout ainsi que ces pommes – Paul-Jean Toulet · Un soir – Émile Verhaeren · Vers gravés sur un myrte. – Évariste de Parny

Guillain Méjane