
Le miroir ovale – Maurice Magre

J’avais tout disposé, le parfum, le peignoir,
Les babouches de soie et d’or, le collier noir,
La boîte de cristal pour mettre ses opales
Et le miroir d’argent, dont elle aimait l’ovale.
Elle n’est pas venue. Une femme passait.
Je l’appelai, j’ouvris la porte. Elle sentait
La laine, le café, la fatigue et la brume.
Vite, je lui donnai, pour qu’elle se parfume,
Le flacon. A son cou je mis le noir collier
Et les babouches d’or et de soie à ses pieds.
Le cristal retentit des épingles tordues
Et j’eus la nouveauté d’une épaule inconnue.
Mais quand sa main toucha l’ovale du miroir
Son haleine ou la mienne empêchait de s’y voir,
Faisait dans la buée un dessin de visage…
J’ai cassé le miroir à cause de l’image…























