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Paresse – Albert Samain

Fleurs dans un vase rouge, Nicolas de Staël (1952)

Tableau : Fleurs dans un vase rouge, Nicolas de Staël, 1952

Debout, voluptueux, dans l’ombre où tu t’endors
Un clairon martial résonne et te convie.
Debout ton cœur, debout ta pensée asservie…
Ne faut-il pas que tu sois fort entre les forts ?

La Volonté, lionne à l’indomptable essor,
Sous sa griffe superbe emporte au loin la vie,
Et s’irrite et triomphe et, belle inassouvie,
Rugit à l’avenir sur des dépouilles d’or !

Mais non, c’est la débauche en sa louche taverne
Qui t’attise à ses yeux brûlés que le plomb cerne,
Et souffle en ricanant ton pur flambeau d’orgueil ;

Ou bien c’est la câline et mortelle paresse,
Ensorceleuse pis qu’une vieille maîtresse,
Qui te couche à son lit drapé comme un cercueil.

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