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Le poëte, a welf. – Victor Hugo

Le poëte, a welf. – Victor Hugo

Tu fus grand, c’est pourquoi l’on t’outrage. Sois triste,
Et pardonne. La foule ingrate et vaine existe,
Elle livre quiconque est par le sort livré,
Et raille d’autant plus qu’elle a plus admiré.
Que ton souvenir reste à la sombre vallée,
Qu’on entende pleurer la source inconsolée,
Que l’humble oiseau t’appelle et te mêle à son chant,
Et que le grand œil bleu des biches te cherchant
Se mouille et soit rempli de lueurs effarées.
Si la mer prononçait des noms dans ses marées,
O vieillard, ce serait des noms comme le tien.
Tu fus l’ami, l’appui, le tuteur, le soutien
En haut, de l’arbre immense, en bas, du frêle arbuste.
Un jour les voyageurs sur ton rocher robuste
Monteront, et, penchés, tâcheront de te voir,
Vaincu superbe, au fond du précipice noir,
Et leurs yeux chercheront ton fantôme sublime
Sous l’entre-croisement des branches dans l’abîme.

XX

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