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Auguste Renoir

On attendait des visages, des bals, des corps dans la lumière ; ce mur montre surtout de l’eau et des paysages. Monet préférait le paysage, Renoir les personnages. Voici donc un Renoir de côté, celui qui peignait dehors entre deux portraits, et c’est ce qui fait le prix de la salle.

Né à Limoges en 1841 dans une famille d’artisans — un père tailleur, une mère couturière —, apprenti décorateur sur porcelaine à treize ans, Renoir entre en 1861 dans l’atelier de Charles Gleyre, où il rencontre Monet, Sisley et Bazille. Le séjour à la Grenouillère avec Monet est décisif : il peint vraiment en plein air, sa palette change, sa touche se fragmente, et il renonce au noir pour les ombres. En 1874, il expose avec ses amis à la première exposition impressionniste.

Le mur commence juste après la guerre, avec le Bateau-lavoir sur la Seine (1871) : Renoir, mobilisé dans la cavalerie, vient d’être démobilisé et apprend à son retour à Paris la mort de Bazille. La Dame à l’ombrelle (1875) appartient aux grandes années impressionnistes, et la Marine à Berneval date de 1879, l’année où Paul Bérard l’invite pour l’été dans sa propriété normande, près de Dieppe, un pays de falaises abruptes balayé par les intempéries.

La toile à regarder de près est la Vue de Venise, brouillard (1881). Cette année-là, en Italie, Renoir découvre Raphaël et sent qu’il est « au bout de l’impressionnisme » ; il cherche désormais un dessin plus strict, des contours plus nets, au point que Huysmans s’écrie : « Allons, bon ! Encore un qui est pris par le bromure de Raphaël ! » Ce brouillard vénitien est comme la dernière vapeur avant ce tournant. Le site l’a placé auprès de Baigneuse du clair au sombre de Paul Éluard, un titre qui aurait pu être celui d’un Renoir.

Le Paysage à Beaulieu (1893) date de la période que l’on dit « nacrée », plus fluide et plus colorée. La Jeune femme à Cagnes (1905) ferme le mur : Renoir s’est installé à Cagnes-sur-Mer en 1903 pour sa santé, et achètera le domaine des Collettes pour sauver ses vieux oliviers. Les rhumatismes l’empêchent bientôt de marcher ; il peindra jusqu’à sa mort, en 1919. La toile accompagne Quand vous serez bien vieille de Ronsard.

Bateau-lavoir sur la Seine, Auguste Renoir (1871)
Bateau-lavoir sur la Seine1871AccompagneAristide Bruant — Celui qui a fait entrer l'argot dans la chanson · Chant de l’honneur – Guillaume Apollinaire
Dame à l'ombrelle, Auguste Renoir (1875)
Dame à l'ombrelle1875AccompagneA l'impératrice – Théophile Gautier · Concurrence – Aristide Bruant · Conduire – Paul Éluard
Voir les autresDestinée – Charles Cros · En écoutant les oiseaux – Victor Hugo · Enivre-toi toujours, pleinement, follement – Jean Richepin · L’Incendiaire – Émile Verhaeren · La poétesse - Gertrud Kolmar · Les Papillons – Maurice Rollinat · Notre heure – Renée Vivien · Résistance – Lucie Delarue-Mardrus · Ronsard – Victor Hugo
Marine à Berneval, Auguste Renoir (1879)
Marine à Berneval1879AccompagneBallade LXIX – Charles d’Orléans · D’un printemps – Rainer Maria Rilke · Dos – Jean Richepin
Voir les autresIsora de final. — Fabrice d’albenga – Victor Hugo · Je nage - Blaise Cendrars · Le Rat de Ville et le Rat des Champs – André Chénier · Les petites commissions – Franc-Nohain · Promenade à Versailles – Albert Mérat · Secret d’enfant – Sully Prudhomme · Tristesse du philosophe – Victor Hugo · Un spectre m’attendait dans un grand angle d’ombre – Victor Hugo · XLIX. Lorsque la mort, succédant à l’ennui – Anna de Noailles
Vue de Venise, brouillard, Auguste Renoir (1881)
Vue de Venise, brouillard1881AccompagneÀ l’aventure – Albert Lozeau · Baigneuse du clair au sombre – Paul Éluard · Copie de la lettre de retenue – Charles d’Orléans
Voir les autresFraternité – Germain Nouveau · Il commande aux tempêtes – Jean Aicard · J’ai nom Jasmin : clopin-clopant – Joseph Autran · L’historien. – Jean Aicard · La Blessée – Charles Cros · La Cithare – Théodore de Banville · La déesse aux cent voix bruyantes – André Chénier · Lamentation – Anna de Noailles · Les Grives – Maurice Rollinat · Mouvement – Arthur Rimbaud · Nous nous rêvons - Guillain Méjane · Qu’est-ce que ta sagesse et que ton jugement – Victor Hugo · Spleen – Paul Verlaine · Une couleur madame – Paul Éluard · XII / 5 - Roberto Juarroz
Paysage à Beaulieu, Auguste Renoir (1893)
Paysage à Beaulieu1893AccompagnePrimeroses - Nérée Beauchemin · Rencontre d’une petite fagotière – Victor Hugo · Vous que le regret ronge et le désir consume – Alice Véga
Jeune femme à Cagnes, Auguste Renoir (1905)
Jeune femme à Cagnes1905AccompagneDe Myrte et de Laurier – Pierre de Ronsard · Images d’un sou – Paul Verlaine · Joviale odeur de la neige… – Anna de Noailles
Voir les autresL'érable - Nérée Beauchemin · L’Âme errante – Marceline Desbordes-Valmore · La Dryade à Pan – Jean Moréas · Le Bon Temps – Jean Richepin · Par le petit doigt – Théodore Botrel · Quand vous serez bien vieille – Pierre de Ronsard

Pour aller plus loin

Guillain Méjane