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Vingt ans – Arthur Rimbaud

Vingt ans – Arthur Rimbaud

Les voix instructives exilées… L’ingénuité physique amèrement
rassise… Adagio. Ah! l’égoïsme infini de l’adolescence, l’optimisme
studieux: que le monde était plein de fleurs cet été! Les airs et les
formes mourant… Un choeur, pour calmer l’impuissance et l’absence! Un
choeur de verres de mélodies nocturnes… En effet les nerfs vont vite
chasser.

IV

Tu en es encore à la tentation d’Antoine. L’ébat du zèle écourté, les
tics d’orgueil, l’affaissement et l’effroi. Mais tu te mettras à ce
travail: toutes les possibilités harmoniques et architecturales
s’émouvront autour de ton siège. Des êtres parfaits, imprévus,
s’offriront à tes expériences. Dans tes environs affluera rêveusement la
curiosité d’anciennes foules et de luxes oisifs. Ta mémoire et tes sens
ne seront que la nourriture de ton impulsion créatrice. Quant au monde,
quand tu sortiras, que sera-t-il devenu? En tout cas, rien des
apparences actuelles.

V

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