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Poème 137 – Pierre de Ronsard

Poème 137 – Pierre de Ronsard

Ce ris plus dous que l’œuvre d’une abeille,
Ces doubles lis doublement argentés,
Ces diamans à double ranc plantés
Dans le coral de sa bouche vermeille,

Ce dous parler qui les mourans esveille,
Ce chant qui tient mes soucis enchantés,
Et ces deus cieus sur deus astres antés,
De ma deesse annoncent la merveille.

Du beau jardin de son printans riant,
Naist un parfum, qui mesme l’orient
Embasmeroit de ces douces aleines.

Et de là sort le charme d’une vois,
Qui tous ravis fait sauteler les bois,
Planer les mons, & montaigner les plaines.

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