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François Fabié — Fils de bûcheron, et il n’a jamais écrit autre chose

François Fabié — Fils de bûcheron, et il n’a jamais écrit autre chose

1846 — 1928

La neige tombe par les rues,
Et les moineaux, au bord du toit,
Pleurent les graines disparues.
« J’ai faim ! » dit l’un ; l’autre : « J’ai froid ! »

La neige tombe par les rues

Deux moineaux qui se plaignent du froid, et des enfants qu’on appelle à les nourrir. C’est un poème pour l’école, écrit par un homme qui a passé sa vie à enseigner.

On peut sourire de ce genre — il a produit des milliers de textes oubliables. Fabié en est le meilleur, parce qu’il ne trichait pas sur ce dont il parlait.

Le Rouergue

Né à Durenque, dans l’Aveyron, fils d’un bûcheron et d’une couturière, il a été le premier de sa famille à faire des études. Il est devenu professeur de rhétorique à Toulon puis à Paris.

Son premier livre s’appelle La Poésie des bêtes ; le second, Vers la source. Il n’a jamais quitté ce sujet : le pays d’où il venait, le travail des mains, les bêtes qu’on soigne.

« Ronsard et moi n’avons pas le même bois », disait-il à peu près. Le sien était celui qu’on abat.

Le poète du terroir, et ce que cela vaut

L’étiquette a fini par tout recouvrir, et elle est injuste. Regardez « Son instrument pendant à ses épaules » ou « Je veux vous raconter les gestes authentiques » : l’attention aux gestes du métier y est d’une précision documentaire.

Il décrit un homme qui travaille comme d’autres décrivent un paysage — de l’extérieur, sans se mettre à sa place, et sans lui prêter de pensées.

1928

Il a été très lu de son vivant, récité dans les écoles pendant cinquante ans, et complètement effacé ensuite avec toute la poésie régionaliste.

Il est mort à Roquecourbe. La maison de son père, à Durenque, est aujourd’hui un musée.

Choix de textes

Pour le lire

La Poésie des bêtes (1886) · Vers la source (1885) · Le Clocher (1887).

Récité dans les écoles françaises pendant cinquante ans, puis effacé avec toute la poésie régionaliste.

La maison de son père bûcheron, à Durenque dans l’Aveyron, est aujourd’hui un musée.

Guillain Méjane

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