Sélectionner une page

Le Poète et la Muse – Paul Verlaine

Maison avec du linge qui sèche, Egon Schiele (1917)

Tableau : Maison avec du linge qui sèche, Egon Schiele, 1917

La chambre, as-tu gardé leurs spectres ridicules,
Ô pleine de jour sale et de bruits d’araignées ?
La chambre, as-tu gardé leurs formes désignées
Par ces crasses au mur et par quelles virgules ?

Ah fi ! Pourtant, chambre en garni qui te recules
En ce sec jeu d’optique aux mines renfrognées
Du souvenir de trop de choses destinées,
Comme ils ont donc regret aux nuits, aux nuits d’Hercules ?

Qu’on l’entende comme on voudra, ce n’est pas ça :
Vous ne comprenez rien aux choses, bonnes gens.
Je vous dis que ce n’est pas ce que l’on pensa.

Seule, ô chambre qui fuis en cônes affligeants
Seule, tu sais ! mais sans doute combien de nuits
De noce auront dévirginé leurs nuits depuis !

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois