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Piet Mondrian

Pas un carré rouge, pas une ligne noire : ce mur ne montre aucun des tableaux qui ont rendu Mondrian célèbre. Il montre ce qui les précède, des bois, des dunes, un arbre, un moulin, peints pour la plupart entre 1908 et 1917 — les années où un paysagiste hollandais devient, pas à pas, l’un des pionniers de l’abstraction.

Né à Amersfoort en 1872, fils d’un instituteur calviniste, Pieter Cornelis Mondriaan est initié par son oncle à la peinture de plein air, héritée de Jongkind et de l’école de La Haye, puis entre en 1892 à l’Académie royale des beaux-arts d’Amsterdam. Ses premiers paysages cherchent des effets d’ensemble : lumières, lignes, troncs et branches à contre-jour.

Le Bois près d’Oele (1908) appartient à l’année décisive : Mondrian rencontre Jan Toorop, figure du symbolisme hollandais, tandis que l’exemple de Van Gogh travaille sa peinture ; les couleurs se font plus pures et prennent une valeur symbolique. Le site l’a placé auprès de La nuit à trois heures de l’après-midi de Tomas Tranströmer, ce qui dit bien l’étrangeté de cette lumière. En 1909, Mondrian entre à la Société théosophique, qui cherche un ordre du monde au-delà du visible : Au bord de la mer et Vue des dunes datent de cette année-là.

Les toiles de 1911 sont les plus importantes du mur. À cette époque, dans un grand paysage de dunes, le sujet n’est déjà plus que l’oblique d’une ligne, l’horizon basculant dans une mosaïque de losanges : c’est avec cela en tête qu’il faut regarder les deux Paysage de dunes accrochés ici. L’Arbre argenté (1911) annonce l’autre chemin : en octobre de cette année-là, Mondrian découvre à Amsterdam le cubisme de Braque, s’installe à Paris à la fin de l’année et se fait appeler Mondrian à partir de 1912. L’arbre sera l’un des motifs qu’il décomposera jusqu’à n’en garder que la structure, avant de renoncer aux courbes et au vert.

Le Moulin est daté de 1917, l’année où Theo van Doesburg fonde la revue De Stijl, dont Mondrian sera l’un des grands contributeurs. Le site l’a confié à Fernando Pessoa et à son poème Tout est absurde. La salle se ferme pourtant sur une surprise : une fleur, Tige avec deux lis japonais, datée de 1921, alors que ses recherches ont abouti, depuis 1919 ou 1920, à une peinture qui ne doit plus rien à la nature. On voit ici le monde qu’il laissait derrière lui.

Bois près d’Oele, Piet Mondrian (1908)
Bois près d’Oele1908Titre original : Woods near OeleAccompagneL'encanteur des adieux - Emily Dickinson · La nuit à trois heures de l'après-midi - Tomas Tranströmer · Les coucous – Albert Mérat
Au bord de la mer, Piet Mondrian (1909)
Au bord de la mer1909Titre original : By the seaAccompagneAir de chasse – Louis Bouilhet · Au peuple canadien – Jean-Baptiste Caouette · Dessous le flamboyant qui couvre l’herbe nue – Paul-Jean Toulet
Voir les autresEmprise - Birago Diop · En l’honneur de ton nom je veux sonner du luth – Tristan Derème · Fermez lui l'uis au visaige – Charles d’Orléans · Glaneurs – Jean Richepin · L’Évasion – Anna de Noailles · La porte du jardin donne sur la ruelle – Tristan Derème · La Renaissance – Louis Fréchette · La Vengeance de Phanor – Georges Eekhoud · Le Buste – Edmond Haraucourt · Le Feu du ciel – Victor Hugo · Le Laboureur – José-Maria de Heredia · Le sublime est un départ – Rainer Maria Rilke · Le vent dans les rochers sifflait et mugissait – Maurice Bouchor · Le vent souffle sur la falaise – Stuart Merrill · Les Gabariers de la Rance – Théodore Botrel · Les nébuleuses. – Victor Hugo · Les Singes et le Léopard – Jean-Pierre Claris de Florian · Les Soleils de Mai – Auguste Lacaussade · Molle rive dont le dessin – Paul-Jean Toulet · Où sont les autres? – Jean Aicard · Poème 42 – Pierre de Ronsard · Quand à peine Clothon – André Chénier · Que la soirée est belle... – Maurice Magre · Règle de vie – Auguste Gilbert de Voisins · Une Ondine – Marceline Desbordes-Valmore · XXXIII. Quand je vois les esprits sans hauteur, sans colère – Anna de Noailles
Vue des dunes, Piet Mondrian (1909)
Vue des dunes1909AccompagneDevant l’espace des haies - Guillain Méjane · Les matins passent clairs - Cesare Pavese
Arbre argenté, Piet Mondrian (1911)
Arbre argenté1911AccompagneÀ Fanny – André Chénier · Déroute – Renée Vivien · La Bouchère – Maurice Rollinat
Voir les autresLa Rime – Charles-Théophile Féret · Le sentier – Théophile Gautier · Les Réfractaires – Auguste Brizeux · Les Rideaux – Sully Prudhomme · Message d'adieu - Stefan Zweig · Séduire – Paul Éluard · Ses mains qu’elle tend – Jean Moréas · Voyage de nuit – Victor Hugo · XCV. Un subit désarroi court à travers mon sang – Anna de Noailles
Paysage de dunes, Piet Mondrian (1911)
Paysage de dunes1911Titre original : Dune landscapeAccompagneJ’ai été le coureur qui tombe - Fernando Pessoa · L’Automne – Alphonse de Lamartine · Tout parle de départ – Hélène Picard
Paysage de dunes, Piet Mondrian (1911)
Paysage de dunes1911Titre original : Dune landscapeAccompagneCharles Le Goffic — Le Breton qui a écrit la mer du dedans · Le retour - Federico García Lorca
Moulin, Piet Mondrian (1917)
Moulin1917Titre original : WindmillAccompagneÀ la muse – May Ziadé · Hylas – Leconte de Lisle · Tout est absurde - Fernando Pessoa
Tige avec deux lis japonais, Piet Mondrian (1921)
Tige avec deux lis japonais1921Titre original : Stalk with two Japanese liliesAccompagneCamélia et Pâquerette – Théophile Gautier · Les saints - Léon Degrelle · Marsyas aux enfers – François-Paul Alibert

Pour aller plus loin

Guillain Méjane