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Henri-Edmond Cross

Il s’appelait Delacroix. Pour ne pas débuter au Salon de 1881 sous le nom du grand romantique, Henri Edmond Joseph Delacroix traduit son patronyme en anglais, sur une idée de son ami le peintre François Bonvin : il sera Cross. Né à Douai en 1856, dans une famille de quincailliers, formé à Lille auprès de Carolus-Duran, il commence en peintre naturaliste, puis se lie aux néo-impressionnistes, dont il partage aussi les convictions anarchistes.

« Je veux peindre le bonheur », écrit-il à Paul Signac, « les êtres heureux que seront devenus les hommes dans quelques siècles, quand la pure anarchie sera réalisée. » Ce bonheur, il le trouve dans le Midi. À partir de 1883, il passe chaque été en Provence, avant de s’installer pour de bon à Saint-Clair, dans le Var, en 1891 — l’année où il adopte, avec Signac, la touche divisée, peu avant la mort de Seurat. Il y peint les côtes provençales et l’arrière-pays ; il meurt au Lavandou en 1910.

Le mur suit ce parcours sur près de trente ans. Le plus ancien tableau, Saint-Clair, paysage, est daté de 1882 : un Cross d’avant le point, qui regarde déjà le lieu où il finira sa vie. Neuf ans plus tard, Plage de la Vignasse, les îles d’Or date de 1891, l’année même où il adopte la touche divisée et où il se fixe sur cette côte. C’est cette toile que le site a confiée à Gare au bord de la mer de Jules Laforgue.

La Douane de mer (1903) quitte un moment la Provence pour Venise, que Cross a peinte à plusieurs reprises au début du siècle, à l’huile comme à l’aquarelle. Puis viennent les dernières années : Paysage aux étoiles (1905), un nocturne chez ce peintre du plein soleil, qui accompagne Feux-follets de Rilke, et deux paysages de 1908, Paysage et Paysage de Provence, peints deux ans avant sa mort.

Ce sont ces années-là qui font de Cross un passeur : son œuvre a compté pour Henri Matisse et pour les fauves. Ce qui manque ici, ce sont ses figures — baigneuses, nus dans les clairières, paysans au travail — et ses lithographies pour les Temps nouveaux de Jean Grave. On ne voit que le paysagiste, qui suffit à faire entrer la lumière du Var dans la salle.

Saint-Clair, paysage, Henri-Edmond Cross (1882)
Saint-Clair, paysage1882AccompagneÀ la promenade – Paul Verlaine · À une jeune fille – Charles Cros · Chanson d’amour – Rainer Maria Rilke
Voir les autresDevant les açores – Daniel Thaly · Joan Miro – Paul Éluard · L’aube je t’aime - Paul Eluard · La peur de vieillir – Albert Lozeau · La Tonnelle – Maurice Rollinat · Le Chasseur en soutane – Maurice Rollinat · Le vieux berger. – Jean Aicard · Les rois mages – Edmond Rostand · Mollets – Théodore Hannon · Pluie d’automne – Stuart Merrill · Poème 98 – Pierre de Ronsard · Présence – Renée Vivien · Rêve triste – Jacques d’Adelswärd-Fersen · Sommeil – Charles Le Goffic · Ténèbres – Émile Nelligan · Un mot au soleil pour commencer – Jules Laforgue
Plage de la Vignasse, les îles d'Or, Henri-Edmond Cross (1891)
Plage de la Vignasse, les îles d'Or1891AccompagneÀ quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt – Victor Hugo · Élégie (« Il avait dit un jour ») – Marceline Desbordes-Valmore · Épilogue – Émile Verhaeren
Voir les autresExtraits - René Char · Fête de Village – Auguste Brizeux · Gare au bord de la mer – Jules Laforgue · Il te faut de moindres sujets – Francis Jammes · Je ne puis jamais reposer – Anna de Noailles · Le roi voleur – Victor Hugo · Les Cigales – Rosemonde Gérard · Pour Rita – Paul Verlaine · Salut, aube au teint frais – André Chénier
La Douane de mer, Henri-Edmond Cross (1903)
La Douane de mer1903AccompagneAïeul maternel – Victor Hugo · Disgrâce divine – Rainer Maria Rilke · Gondoles - Rainer Maria Rilke
Voir les autresJe m’ennuie à tarir – Gustave Kahn · Je vous vens le blanc corbel – Christine de Pisan · L’Anniversaire – Henri de Régnier · L’assemblée des musiciens silencieux – Maurice Magre · L’Inutile Vainqueur – Stuart Merrill · L’Irréparable – Charles Baudelaire · La jouissance – Alexis Piron · La légion – Edmond Rostand · Le poète – Rainer Maria Rilke · Les fusils ont reçu des balles de calibre – Joseph Autran · Les Grands Linges – Maurice Rollinat · Les parvenus – Jean-Baptiste Caouette · Mon Dieu, madame, il faut nous consoler – Tristan Derème · Octave – Alfred de Musset · On t’appelle jongleur, virtuose, acrobate – Jean Richepin · Roses, en bracelet autour du tronc de l’arbre – Jean Moréas · Satyre X. – Mathurin Régnier · Tou-Tsong – Louis Bouilhet · Triptyque III. Le Calvaire – Charles Le Goffic · Un peu – Lucie Delarue-Mardrus
Paysage aux étoiles, Henri-Edmond Cross (1905)
Paysage aux étoiles1905AccompagneÀ Henri Heine – Théodore de Banville · A mon frère – Prosper Jourdan · Clere Venus, qui erres par les Cieus… – Louise Labé
Voir les autresCortège – Paul Verlaine · Cosmonaute père & fils - Arthur H · Feux-follets – Rainer Maria Rilke · Fra i sospesi – Remy de Gourmont · Juin – Leconte de Lisle · L’Absinthe et le Cobaye – Raoul Ponchon · L’Escargot – Maurice Rollinat · L’Humanité – Maurice Rollinat · Le moulin – Émile Verhaeren · Le Réveil – Albert Mérat · Les yeux d'Hélène – Pierre Quillard · Matin d’été – Anna de Noailles · Musée du Louvre – Laurent Tailhade · Nous voyons triompher la ligne – Théodore de Banville · Pendant qu'elle chantait – Stuart Merrill · Six tercets – Charles Cros · Tristesse de la lune – Charles Baudelaire
Paysage, Henri-Edmond Cross (1908)
Paysage1908Titre original : LandscapeAccompagneBallade vi – François Villon · En cet après-midi si lourd — toujours j’y pense ! — – Jean Moréas · Entre terres et cieux le Christ est suspendu – Auguste Barbier
Voir les autresGrands sont les coups d’épée et rude la bataille – Jacques Normand · Je vous vens le vers chapellet – Christine de Pisan · L’Étincelle – Théodore de Banville · La Fausse pudeur – Théodore de Banville · La Pluie – Maurice Rollinat · Les fièvres – Émile Verhaeren · Les mamelles - Birago Diop · Nous allions au verger cueillir des bigarreaux – Victor Hugo · Souvenir (« Toujours je pleure au nom de mon enfant ») – Marceline Desbordes-Valmore
Paysage de Provence, Henri-Edmond Cross (1908)
Paysage de Provence1908AccompagneÀ la mère de l’enfant mort – Victor Hugo · Au théologien – Victor Hugo · Ballade LXV – Charles d’Orléans
Voir les autresBonne pensée du matin – Arthur Rimbaud · D’entre les roses de l’aurore – Charles Van Lerberghe · Jean Aicard — Celui qui prêtait sa voix aux vaincus · L’Orpheline – Marceline Desbordes-Valmore · Les conversions – Émile Verhaeren · Les yeux – Renée Vivien · Mélopée – Achille Segard · Si j’ay bien ou mal dit – Pierre de Ronsard · Subtilités – Jean Richepin

Guillain Méjane