
La gloire des lys. – Jean Aicard

Ne vous lamentez plus, ô fleurs, bêtes et choses:
Nous ferons oublier à tous cet affreux jour;
Sous l’azur, les lys blanc, bien plus beaux que les roses,
Par-dessus sa misère élèvent son amour.
Devant ses pieds sanglants, sous l’effroi des prodiges,
Laissons les criminels s’écraser à genoux;
Nous, toujours blancs et purs, droits sur nos fermes tiges,
Nous dirons qu’il fut jeune et blanc comme un de nous.
Il était pur et blanc, droit comme nous le sommes,
Et ses oiseaux chéris le diront dans leurs chants.
Ce fut un étranger divin parmi les hommes,
Ce n’était qu’un ami parmi les fleurs des champs.
Laissez l’homme gémir, passereaux et colombes!
Et nous, les innocents, les lys qu’il regretta,
Croissons, multiplions, couvrons toutes les tombes,
Et par pitié cachons l’horreur du Golgotha.
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